Eric Woerth, député UMP de l'Oise, le 15 avril 2015 à Paris.
Eric Woerth, député UMP de l'Oise, le 15 avril 2015 à Paris. - NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Une polémique a retardement bien difficile à éteindre. Deux jours après son intervention jeudi soir sur le plateau d’I-Télé, l’ex-ministre des Finances Eric Woerth a tenté de répondre à ses détracteurs ce samedi soir sur Twitter.

« Il ny a pas eu dattentats terroristes sous Sarkozy»

Invité jeudi soir dans l’émission Tirs croisés à débattre avec le vice-président du Front national, Florian Philippot, Eric Woerth (Les Républicains) avait affirmé : « Il n’y a pas eu d’attentats terroristes sous Sarkozy. Le niveau de sécurité sous Sarkozy n’a jamais été aussi élevé ».

Alors que l’eurodéputé FN lui rappelait les attentats de Mohamed Merah, Eric Woerth avait rétorqué : « C’est pas un attentat, c’est le crime d’un furieux. C’est pas Daesh, c’est pas un réseau international ». Il avait également affirmé, à propos de Merah : « Il a été arrêté ».

Sept personnes tuées à Toulouse en mars 2012

Des propos qui lui ont attiré ce samedi de très vives condamnations, notamment celles du père d’un des militaires assassinés, Albert Chennouf. Avec sa famille, il avait déjà exprimé en décembre son « indignation » après des déclarations de Nicolas Sarkozy expliquant qu’il n’y avait eu « aucun attentat en France » entre 2002 et 2011, période où il était aux affaires. « Dans le bilan qu’il présente, Nicolas Sarkozy omet à dessein de mentionner que son quinquennat s’est terminé par les tueries atroces » de Merah, s’étaient-ils offusqués

En mars 2012, Mohamed Merah avait perpétré plusieurs attentats à Toulouse et Montauban au nom de l’islam radical, tuant sept personnes (trois militaires ainsi qu’un professeur et trois enfants d’une école juive) avant d’être tué alors qu’il était retranché à son domicile.

Demande « d’excuses publiques »

Carole Delga, présidente PS de la région Midi/Languedoc, a demandé samedi « des excuses publiques » à Eric Woerth. « Cette volonté de Nicolas Sarkozy et de ses amis de masquer la terrible vérité constitue une véritable insulte à la mémoire des sept victimes, dont trois enfants, à leurs familles et, au-delà, à nos deux villes marquées à jamais par cet acte terroriste », écrit-elle dans un communiqué.

Pour le député PS de Haute-Garonne Christophe Borgel, « les déclarations d’Eric Woerth sont frappées du sceau de l’irresponsabilité ».

Condamnation également du CRIF, qui souligne que « l’enquête judiciaire a démontré qu’il s’agissait bien d’attentats terroristes ». « Les assassinats commis ont été planifiés et soigneusement conçus par une organisation terroriste. Les cibles n’ont pas été choisies par hasard. Un soutien logistique lui a fourni les moyens nécessaires », écrit le Conseil représentatif des institutions juives de France dans un communiqué.

Pour le CRIF, « M. Woerth s’engage dans une voie dangereuse » qui « risque d’être utilisée à des fins de propagande par ceux qui soutiennent le djihadisme ».

Aucune « ambiguïté » selon Woerth

Face à ce tollé, Eric Woerth a répondu à la polémique ce samedi soir, également sur Twitter. Pas sûr que cela suffise à calmer les critiques

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