Manifestation des taxis, le 26 janvier 2016 contre la concurrence des VTC.AFP PHOTO / THOMAS SAMSON
Manifestation des taxis, le 26 janvier 2016 contre la concurrence des VTC.AFP PHOTO / THOMAS SAMSON - AFP

Les taxis se montraient enclins jeudi soir à cesser leur mobilisation entamée mardi à l’aube, après une réunion avec Manuel Valls qui a annoncé un renforcement des contrôles des VTC, leurs bêtes noires. Ce vendredi matin, la mobilisation avait même des airs de fin.

Les irréductibles

Vingt à trente taxis irréductibles stationnaient toutefois vendredi matin porte Maillot, à Paris, refusant « les promesses » et les assurances données à la profession dans la nuit par le Premier ministre, a constaté une journaliste de l’AFP.

Ces chauffeurs restaient cantonnés aux abords du Palais des congrès, occupés la veille par des centaines de leurs collègues - jusqu’à 1.600, selon la CGT. Ulcérés par la concurrence des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), ils réclament « une solution tout de suite », « ne veulent pas être baladés avec des promesses », « sachant qu’on ne peut pas mettre un policier derrière chaque VTC ».

De bon matin, la circulation était partiellement rouverte, notamment dans le sens périphérique extérieur avenue de la Grande armée. « A la suite de la réunion (de jeudi) à Matignon, la circulation est en voie de rétablissement sur l’ensemble de la région parisienne », a indiqué la préfecture de police de Paris à l’AFP.

« Phase positive »

Reprenant la main sur le dossier, après trois jours de forte mobilisation à Paris et en province, le Premier ministre a reçu pendant près de trois heures jeudi soir l’ensemble des organisations de taxis - 17 en tout - en compagnie du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, du secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies, et du médiateur, le député PS Laurent Grandguillaume.

A l’issue de la rencontre, plusieurs organisations professionnelles ont appelé les chauffeurs en grève à lever les barrages, comme l’Union nationale des taxis (UNT) qui a salué l’entrée dans une « phase positive ».

D’autres, syndicats (FO, CFDT, SDCTP) ou associations (Taxis de France), très actifs dans la mobilisation parisienne, se sont montrés ouverts à une levée du mouvement, mais ont indiqué vouloir consulter la base avant toute décision.

Des centaines de chauffeurs de taxis, qui dénoncent la concurrence des VTC et la mauvaise application de la loi Thévenoud, étaient restés mobilisés jeudi, notamment à Toulouse et Marseille. En région parisienne, près de 1.400 taxis ont été comptabilisés dans l’après-midi, un peu plus que la veille (un millier) mais moins que mardi (2.100). A l’aéroport d’Orly, ils étaient plus de 300.

Dans la soirée, Manuel Valls a « indiqué aux fédérations des taxis que si la porte du gouvernement était toujours ouverte pour les écouter, il importait désormais de mettre fin au conflit », a rapporté Matignon dans un communiqué.

Enfin, il a laissé la porte ouverte à des aides financières pour les taxis les plus en difficulté. Il pourrait s’agir d’étalements fiscaux ou de cotisations sociales, a-t-il dit.

« Déjà eu des promesses »

Ces annonces « correspondent aux revendications de la profession », a réagi FO-Taxis. « De mon point de vue, on va lever » le mouvement, a confié son représentant, Nordine Dahmane, à l’AFP.

« On verra ce que cela va donner » a prévenu Kader Remana (CFDT-Taxis). On a déjà eu des promesses et on en est toujours au même stade", a-t-il souligné.

La loi Thévenoud, votée en 2014 pour encadrer la coexistence des VTC et taxis, n’est « pas appliquée », répètent en choeur les taxis, qui dénoncent l’absence de contrôles des VTC, censés travailler uniquement sur réservation préalable.

Les taxis « se font contrôler » mais « pas les VTC alors qu’ils maraudent », fulminait Farid, taxi parisien depuis 4 ans, rencontré par l’AFP lors d’un rassemblement.

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