Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve , le 28 janvier 2016
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve , le 28 janvier 2016 - FRANCOIS GUILLOT AFP

Bernard Cazeneuve recrute pour le Raid. Fustigeant les «commentateurs» qui, «devant leur télévision, dans la chaleur de leur foyer», ont émis des critiques sur l'assaut à Saint-Denis, le 18 novembre dernier après les attentats, le ministre de l'Intérieur les a invité jeudi soir à «rejoindre» les «colonnes d'assaut» de cette unité d'élite de la police.

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Le ministre faisait référence aux critiques de l'assaut, par le Raid, contre dans un appartement de Saint-Denis où était notamment retranché Abdelhamid Abaaoud, commanditaire présumé des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts. Elles pointaient sa «précipitation» et ses «failles».

«Profond mépris»

«Je n'accepte pas ces facilités», a tonné le ministre lors des voeux du Syndicat des commissaires de police (SCPN, majoritaire), qui avaient exceptionnellement lieu sous les lambris de l'Hôtel de Lassay, la résidence du président socialiste de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, présent à la cérémonie. Bernard Cazeneuve, qui a fait part de son «profond mépris» de ces critiques, a également rendu hommage à la BRI (brigade «anti-gang») et à l'unité d'élite de la gendarmerie, le GIGN, très actifs dans les attentats de janvier et novembre 2015.

Le ministre s'en est également pris aux contempteurs de l'état d'urgence, qui y voient la résurgence d'un Etat policier. «Je n'ai jamais admis que l'on considère que, partout où il y a un policier et un gendarme, il y ait une potentialité de violence», «comme s'il y avait la main d'un Etat totalitaire», a-t-il relevé.

L'Etat d'urgence institué après les attentats du 13 novembre fait l'objet d'un contrôle parlementaire, a rappelé le ministre. Et un juge administratif, «qui n'est pas le bras armé de l'administration», contrôle, par exemple, les assignations à résidence décidées dans ce cadre, a-t-il ajouté.

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