Illustration: sécurité informatique, piratage.
Illustration: sécurité informatique, piratage. - SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Les services du gouvernement sont constamment la cible d’attaques informatiques, mais les systèmes opérationnels restent épargnés, a indiqué ce lundi Guillaume Poupard, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi)

« Ce genre d’attaques de ransomware, on en voit partout, on en voit au ministère des Transports, on en voit dans d’autres ministères », a reconnu Poupard, réagissant à un article du Canard enchaîné selon lequel un « ransomware » (un logiciel malveillant chiffrant les données et réclamant une rançon pour les restituer) s’est récemment répandu au ministère des Transports, et notamment à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

Les rançons très rentables

« Mais là où l’article du Canard est faux, c’est quand il dit que ça touche les systèmes opérationnels », a ajouté le responsable qui s’exprimait devant des journalistes au Forum international de la cybersécurité (FIC) de Lille, soulignant qu’il y a « un vrai cloisonnement » entre les services généraux et les systèmes opérationnels. S’étonnant de ce que l’hebdomadaire satyrique se soit focalisé sur les Transports alors que plusieurs ministères ont été touchés, Guillaume Poupard a assuré que le gouvernement ne payait pas les rançons demandées. « Si les sauvegardes sont bien faites, ça va », a-t-il relevé.

Les demandes de rançons sur Internet sont l’une des formes les plus courantes de cyberattaques. Selon une étude assez pessimiste du Club des experts de la sécurité de l’information et du numérique (Cesin) publiée jeudi, 61 % des entreprises françaises en ont été victimes ces douze derniers mois.

« C’est beaucoup plus rentable que toutes les escroqueries », a remarqué Guillaume Poupard à ce sujet. « C’est extrêmement lucratif. » La rançon demandée atteignant 1.000 euros en moyenne, les pirates informatiques s’assurent d’un revenu assez confortable même si seulement une petite part des victimes paie, a-t-il calculé.

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