Le logo de Snapchat sur un panneau publicitaire.
Le logo de Snapchat sur un panneau publicitaire. - SIPANY/SIPA

Comment empêcher les messages insultants ou humiliants de connaître le succès sur les réseaux sociaux ? En partageant la semaine dernière sur Snapchat des vidéos de maltraitance sur des personnes âgées, trois adolescentes stagiaires dans une maison de retraite ont remis la question sur le tapis. Dans leur cas, ce sont des camarades qui, « émus » par la violence des images, ont dénoncé les jeunes filles. Pourra-t-on compter à l’avenir sur cette vigilance citoyenne pour empêcher les dérives sur les réseaux sociaux ? On a posé la question à Pascale Garreau, responsable du site Internet sans crainte au sein de l’association Tralalere.

>> A lire aussi : C’est quoi le problème avec Snapchat ?

Faut-il connaître les réseaux sociaux pour y déceler les abus ?

On a fait de gros progrès, les jeunes prennent conscience que certaines choses ne se font pas. Très souvent il y a une autorégulation de jeune à jeune qui se fait. C’est un double phénomène : d’un côté les jeunes réagissent contre la diffusion par exemple d’une photo, malheureusement parfois en reprenant celle-ci et en accentuant l’effet boule de neige. Dans le cas de la maison de retraite, la réaction a été intelligente, les jeunes ayant coupé le partage et signalé directement les vidéos mises en cause à qui de droit.

Et l’autre phénomène ?

Il y a aussi une banalisation des insultes, et je ne suis d’ailleurs pas convaincue que les jeunes stagiaires de la maison de retraite réalisaient qu’elles commettaient quelque chose de grave. Aujourd’hui, si vous allez dans une classe pour sensibiliser les élèves en leur disant que « sale nègre » est une insulte, vous aurez des réactions de surprise.

Les réseaux sociaux peuvent-ils s’autoréguler, via une vigilance citoyenne ?

Ce qui est intéressant, depuis quelques mois et qui n’existait pas avant, c’est que l’on peut signaler un abus concernant un tiers. Les signalements se multiplient, car de plus en plus de gens, des parents par exemple, y ont accès – alors que bien souvent une victime n’osera pas signaler un message la visant.

>> A lire aussi : Les réseaux sociaux dépassés par les ados

Les modérateurs des réseaux sociaux ne pourront jamais tout surveiller…

En effet, et je suis convaincue qu’il n’y a que la vigilance de tout un chacun qui pourra marcher. Les réseaux sociaux n’interviennent que s’il y a signalement. Donc la seule façon de faire, c’est d’abord d’apprendre aux jeunes qu’insulter ou humilier ça fait mal, que c’est illégal et que ça se signale. Ensuite de signaler plus, et de signaler pour des tiers. Et enfin de faire pression pour que les structures, les réseaux sociaux eux-mêmes, soient plus réactives face à ces signalements.

Ça peut marcher ?

Les jeunes sont de plus en plus au courant de ce qui ne se fait pas, et du fait que signaler ce n’est pas rapporter. On est en train de passer outre, et à mon avis tout ça bouge dans le bon sens.

Mots-clés :