Le préfet Alain Gardère, le 29 août 2011 à Marseille.
Le préfet Alain Gardère, le 29 août 2011 à Marseille. - MAGNIEN/20 MINUTES/SIPA

Après deux jours et deux nuits en garde à vue, le préfet Alain Gardère a été mis en examen ce jeudi notamment pour corruption passive, a-t-on appris de source judiciaire. Il a en outre été interdit de tout emploi public ou lié à la sécurité et à l'aéroportuaire, a indiqué cette même source.

Sous contrôle judiciaire

Visé par plusieurs chefs d’accusation, notamment abus d’autorité, prise illégale d’intérêt, corruption passive, recel d’abus de biens sociaux et détournement de fonds publics, il a été placé sous contrôle judiciaire.

 

Cet ancien commissaire de 59 ans avait été placé en garde à vue mardi dans les locaux de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 23 septembre, notamment pour abus de biens sociaux, trafic d’influence, corruption et prise illégale d’intérêts.

La justice le soupçonne d’avoir profité de cadeaux en nature (restaurants, vacances gratuites…) de la part de sociétés de sécurité privées, en 2015, alors qu’il dirigeait le Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), instance sous tutelle du ministère de l’Intérieur chargée notamment de l’agrément et du contrôle des agents et entreprises de sécurité privés. Il avait été suspendu de ses fonctions de directeur dès sa garde à vue mardi.

Le directeur de cabinet de Gardère aussi mis en examen

Un autre policier, son directeur de cabinet au Cnaps, a également été mis en examen notamment pour « atteinte à la liberté et à l’égalité d’accès aux marchés publics, corruption passive par agent public et complicité de détournement de fonds publics », a ajouté la source judiciaire.

Nommé préfet par la droite, Alain Gardère était devenu en mars 2011 directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Intérieur Claude Guéant, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il avait été envoyé à Marseille comme préfet délégué pour la sécurité quelques mois plus tard, avec notamment pour mission d’y faire cesser les règlements de comptes sanglants.

Il avait quitté ce poste peu après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2012, prenant en charge la sécurité des aéroports parisiens de Roissy et du Bourget jusqu’à sa nomination au Cnaps en janvier 2015.

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