L'ancien trader de la Société Générale, Jérome Kerviel, le 20 janvier 2016 devant le tribunal de Versailles.
L'ancien trader de la Société Générale, Jérome Kerviel, le 20 janvier 2016 devant le tribunal de Versailles. - Christophe Ena/AP/SIPA

Chantal de Leiris est sortie de son silence. L’ancienne vice-procureure au parquet de Paris sur l’affaire Kerviel, dont l’enregistrement clandestin a été publié dimanche par 20 Minutes et Médiapart « considère avoir été victime d’une manipulation pour avoir été enregistrée à mon insu, de manière préméditée et déloyale. Je me réserve le droit d’exercer toutes les voies d’action pour réparer cette atteinte », a-t-elle indiqué dans le journal Le Monde paru ce mercredi.

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Chantal de Leiris a été enregistrée à son insu, le 17 juin 2015, par Nathalie Le Roy. Cette ancienne commandante à la Brigade financière a été détachée de ses fonctions le 1er mars 2015, juste après avoir fait part de ses « doutes » sur l’enquête Kerviel qu’elle dirigeait.

Sur la bande sonore de quarante minutes que 20 Minutes et Média part ont révélée dimanche, à quelques heures d'une audience sur une demande de révision déposée par Jérôme Kerviel, l’ancienne vice-procureure déclare que l’enquête a été « manipulée » par la Société générale et que la banque « savait » au sujet des agissements de son ancien trader, condamné définitivement, en mars 2014, pour « abus de confiance ». Elle y met aussi en avant des liens de proximité qu’auraient entretenus certains membres du parquet de Paris et des avocats de la Société générale

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« La Société générale n’a pas eu prise sur moi ni sur la brigade financière »

Trois jours après ces révélations qui ont relancé l’affaire Kerviel, Chantal de Leiris affirme au Monde que « les deux enquêtes menées ont été objectivement conduites avec rigueur et toutes les auditions qui devaient l’être ont été faites ».

« La Société générale n’a pas eu prise sur moi ni sur la brigade financière. Les plaintes ont été classées car il n’y avait pas matière à poursuivre », assure également la magistrate, qui dément toute influence de la banque sur son travail. « Jérôme Kerviel s’est constitué partie civile et le doyen en personne a instruit cette affaire. On ne peut donc pas dire qu’il y a eu des dysfonctionnements. Voilà un état objectif de cette affaire. »

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Cet enregistrement clandestin pourrait-il être versé à la procédure ? La décision est entre les mains du juge Roger Le Loire. La cour d’appel de Versailles, qui devait examiner l’indemnisation faramineuse réclamée par la Société générale, se prononcera le 29 janvier sur un éventuel sursis à statuer demandé par les avocats de l’ex-trader, invoquant des « faits nouveaux » présentés à la justice.

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