Une manifestation en 2006 à Paris pour condamner la mort d'Ilan Halimi.
Une manifestation en 2006 à Paris pour condamner la mort d'Ilan Halimi. - PASCAL PAVANI / AFP

C’était il y a dix ans, mais personne n’a oublié. Le 21 janvier 2006, Ilan Halimi était enlevé par le « gang des barbares », avant d’être sequestré pendant 24 jours et torturé à mort. 20 Minutes fait le point sur ce que sont devenus les protagonistes de ce drame.

Youssouf Fofana, condamné à de multiples reprises

Le chef du « gang des barbares » a été condamné à la peine maximale, la perpétuité avec 22 ans de sûreté. Il a aujourd’hui 36 ans est actuellement emprisonné au Centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne), un des établissements le plus sécurisés de France. Détenu difficile à gérer, Fofana a été condamné en 2014 à quatre ans de prison supplémentaires pour deux agressions de surveillants de la prison d’Alençon, avant d’être condamné encore à trois ans pour une autre agression.

De source pénitentiaire, il est toujours à l’isolement dans la prison. « Il est d’une dangerosité réelle et nous insulte parfois. Le reste du temps, il est mutique. Il s’occupe en lisant, en jouant aux jeux vidéos et en appelant sa famille. Il est toujours féru de religion, mais n’en parle pas. Comme il ne parle pas non plus de l’affaire Halimi. Une chose n’a pas changé : il se voue un culte de la personnalité extrême ».

La famille d’Ilan Halimi vit toujours en France

Selon Emilie Frèche, coauteur avec Ruth Halimi de La vérité sur la mort d’Ilan Halimi*, contactée par 20 Minutes, les parents d’Ilan et ses sœurs habitent toujours en France. « Les parents travaillent toujours et mènent une vie très discrète. Ils restent en retrait de tous les hommages et ne veulent pas s’exposer dans les médias. Ruth Halimi que je vois souvent, est une femme exceptionnelle par sa force vitale, même si la mort de son fils l’a amputée d’une partie d’elle-même », décrit l’auteur.

Très marquée par les attentats de 2015, la mère d’Ilan « a le sentiment que la mort de son fils a inauguré une période inquiétante. C’était la première fois depuis de longues années qu’on tuait un homme parce qu’il était juif ». Ilan Halimi avait d’abord été enterré au cimetière juif de Pantin, mais sa dépouille a été transférée à Jérusalem pour y être inhumée le 9 février 2007. « L’idée que des gens puissent un jour profaner sa tombe était insupportable à sa famille », explique Emilie Frèche. Yaël Halimi et Anne-Laure Abitbol, sœurs de la victime, se sont exprimées en avril 2014 sur Europe 1 à l’occasion de la sortie du film 24 jours, dAlexandre Arcady. « C’est une épreuve à chaque fois d’en parler », a déclaré Anne-Laure Abitbol. « Chacun (des accusés) a fait un petit peu pour qu’Ilan soit là où il est aujourd’hui », a-t-elle déclaré. Ce fut leur dernière apparition dans les médias.

L’appat est sorti de prison

Emma A., alias « Yalda », était l’appât utilisé par le gang pour attirer Ilan Halimi dans un guet-apens à Sceaux (Hauts-de-Seine). En 2010, elle a été condamnée à 9 ans de prison en appel. Mais après un peu moins de six ans de prison, elle est sortie de prison en 2012. Enrôlée par Youssouf Fofana, elle a toujours affirmé qu’elle ne connaissait pas l’issue tragique que Fofana réserverait à sa « proie ». Après le procès du gang des barbares, elle avait encore fait parler d’elle séduisant un gardien et le directeur de la prison pour femmes de Versailles (Yvelines). Après la découverte de ce scandale, elle avait d’ailleurs été transférée à la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Aujourd’hui âgée de 27 ans, la jeune femme veut se faire oublier. Sur Twitter, des personnes donnent régulièrement son adresse, avant que ces informations soient suprimées.

Les complices sont soit dehors, soit toujours incarcérés

Les 26 coaccusés de Fofana (dont deux étaient mineurs au moment des faits) ont été condmanés en 2009 à des peines allant de six mois avec sursis à 18 ans de réclusion, auxquelles s’ajoutent deux acquittements. En 2010, en appel, la cour d’assises a alourdi les peines de sept des 17 accusés et confirmé celles des dix autres. « La plupart des complices sont sortis de prison », explique Emilie Frèche. Samir Aït Abdelmalek., considéré comme le bras droit de Fofana et qui a torturé Ilan, est toujours en prison. Agé de 37 ans aujourd’hui, il purge une peine de 15 ans de réclusion à Fleury-Mérogis (Essonne). Jean-Christophe Soumbou, considéré comme un des complices les plus actifs de Fofana et condamné à 18 ans de prison, est incarcéré à la prison de Réau (Seine-et-Marne). Il a aujourd’hui 26 ans. D’après les propos de son avocat, Romain Boulet, au Parisien, il a suivi une formation et « s’est lancé dans la boulangerie ».

*La vérité sur la mort d’Ilan Halimi*, de Ruth Halimi et Emilie Frèche, Points, 2014, 6,70 euros.

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