Entrée de l'Institut médico-légal (IML) de Paris le 16 octobre 2014
Entrée de l'Institut médico-légal (IML) de Paris le 16 octobre 2014 - Martin Bureau AFP

Deux mois après l’attaque terroriste du Bataclan dans laquelle il a perdu la vie, le corps d’Ismaël Mostefaï est toujours à l’Institut médico-légal de Paris car la ville de Chartres refuse de prendre en charge l’inhumation du terroriste, rapporte ce samedi L’Echo républicain.

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« Il squattait chez quelqu’un », assure le maire

Résidant à Chartres, où il a notamment déclaré la naissance de son second enfant en août 2013 juste avant de partir en Syrie, Ismaël Mostefai ne remplit pas les conditions nécessaires pour être enterré à Chartres, assure le maire Jean-Pierre Gorges (Les Républicains) : « J’ai vérifié, légalement, pour moi, il ne remplit pas les conditions », a déclaré l’élu à L’Echo républicain. La famille Mostefaï était arrivée à Chartres durant l’adolescence d’Ismaël mais avait quitté la ville en 2012 pour s’installer à Romilly-sur-Seine. « La famille Mostefaï a quitté la maison de La Madeleine en 2012. Lui est certes resté encore ici, mais il n’avait pas d’adresse propre, il squattait chez quelqu’un. J’attends qu’on me prouve où était son domicile officiel jusqu’en 2015 », déclare le maire.

Seul un terroriste inhumé à ce jour

Une mairie ne peut refuser l’inhumation d’une personne décédée dans la commune, qui y habitait ou si un caveau familial s’y trouve. Mais Jean-Pierre Gorges ne compte pas capituler : « Je ne ferai aucun effort si une demande d’inhumation nous parvenait. Aucun. Ce type n’a été que de passage à Chartres alors que, parmi les victimes du Bataclan, nous avons perdu une jeune Chartraine qui ne demandait qu’à vivre », a-t-il déclaré. Ismaël Mostefai pourrait aussi être inhumé à Paris, où il est mort, ou en Algérie, pays de son père et de sa famille qu’il a épousée dans un village près d’Oran.

A ce jour, seul un des huit terroristes morts le 13 novembre a été enterré. Il s’agit de Samy Amimour, inhumé dans la plus grande discrétion le 24 décembre au carré musulman du cimetière de Drancy, en Seine-Saint-Denis. Le corps de Bilal Hadfi, mort en se faisant exploser devant le stade de France, devrait bientôt être rapatrié au Maroc où il sera inhumé à Berkane, le village d’origine de sa famille. Les autres sont encore à l’Institut médico-légal de Paris.

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