Didi, le responsable de la sécurité du Bataclan. Capture d'écran de son interview à BFMTV.
Didi, le responsable de la sécurité du Bataclan. Capture d'écran de son interview à BFMTV. - BFMTV

Contrairement à Lassana Bathily, le héros de la prise d’otages de l’Hyper Cacher qui a tout de suite été hypermédiatisé, Didi, le responsable de la sécurité du Bataclan, s’est fait discret dans les médias. Mais pour Thiaba Bruni, vice-présidente du Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), son courage le 13 novembre lors de la tuerie du Bataclan mériterait qu’il obtienne la nationalité française et la légion d’honneur. Elle l’explique à 20 Minutes.

Quel a été le rôle de Didi le 13 novembre ?

Il était devant le Bataclan en train de discuter avec un vigile lorsque les terroristes sont arrivés et ont tiré sur le Bataclan Café. Il a tout de suite compris que le Bataclan était visé et il a décidé d’entrer dans la salle de concert pour avertir les spectateurs. Il a d’abord ouvert les issues de secours les plus proches de l’entrée avant de passer dans la fosse alors que les tirs étaient nourris, pour pouvoir ouvrir les autres issues de secours au fond de la salle. Il a aussi conduit des gens dans les rues adjacentes pour les mettre à l’abri dans un bâtiment. Il aurait très bien pu s’enfuir, mais a sauvé une centaine de personnes, au péril de sa vie.

Pourquoi son acte de bravoure n’a-t-il pas été aussi médiatisé que celui de Lassane Bathily ?

Le patron du Bataclan a bien expliqué à la police ce qu’il avait fait ce soir-là. Mais Didi n’a parlé qu’à de rares médias, sans dévoiler ni son visage, ni son nom de famille. Car il ne savait pas comment il gérerait la notoriété si son identité était dévoilée.

Pourquoi avez-vous décidé de lancer une pétition pour demander sa naturalisation ?

J’avais déjà lancé une pétition pour demander la naturalisation de Lassana Bathily qui avait finalement recueilli 463.000 signatures. Et elle avait contribué à faire avancer les choses pour lui. Nous demandons désormais la naturalisation de Didi qui le mérite tout autant. D’autant qu’il vit en France depuis ses six mois. Il a une carte de séjour, mais il n’avait jamais demandé la nationalité française, car les démarches administratives le rebutaient. Il dit s’être d’ailleurs toujours senti Français, mais je crois que l’attentat a encore renforcé son sentiment d’appartenir à ce pays.

Où en est la pétition actuellement ?

Lancée il y a deux semaines, elle compte déjà plus de 28.000 signatures. Une association s’est aussi créée autour de Didi et a averti François Hollande de la démarche. Et beaucoup de rescapés ont signé la pétition.

Comment va-t-il actuellement ?

L’attentat l’a beaucoup ébranlé et il revoit sans cesse des images des victimes. Mais il a rencontré des rescapés qui tenaient à le remercier de leur avoir sauvé la vie, ce qui lui a mis du baume au cœur. La pétition a aussi une vertu thérapeutique pour lui, car il se sent soutenu.

Vous demandez aussi la légion d’honneur pour lui. Mais peut-il vraiment l’obtenir alors que Lassana Bathily ne l’a pas eu ?

Je pense que Lassana n’a pas été décoré pour une question de procédure car il y a un délai à respecter entre la naturalisation et l’octroi de la légion d’honneur. Didi est pour l’heure algérien et pourrait obtenir la légion d’honneur via une procédure d’urgence, comme ce fut le cas pour les héros du Thalys.

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