Le 8/12/2015, une Française arrive à l'aéroport  Ben Gurion pour faire son Alyah.
Le 8/12/2015, une Française arrive à l'aéroport Ben Gurion pour faire son Alyah. - JACK GUEZ / AFP

L’agression antisémite à Marseille d’un enseignant juif a relancé ce mardi le débat sur la sécurité des juifs de France. Depuis 2014, de plus en plus d’entre eux pensent à faire leur Alyah (émigration vers Israël) comme l’a confirmé Daniel Benhaïm, directeur de l’Agence Juive pour Israël à 20 minutes.

Une agression antisémite comme celle qui s’est produite lundi à Marseille déclenche-t-elle des appels de personnes qui décident tout d’un coup de faire leur Alyah ?

Non, on ne ressent pas d’effet immédiat, mais il est probable que ce genre de faits-divers constitue une raison de plus de partir en Israël pour ceux ayant déjà cette idée dans la tête.

Et avez-vous enregistré davantage de projets d’Alyah depuis un an, après l’attaque contre l’Hyper Cacher ?

La participation aux réunions d’information a bondi au premier trimestre 2015, puisqu’elle a été trois fois plus importante que l’année précédente à la même époque. En janvier et février 2015, on a même dû organiser deux réunions par jour, au lieu de deux par semaine en temps normal. Nous avons reçu près de 700 appels par jour sur cette même période, c’est trois fois plus que d’habitude. Ce qui montre que l’attentat contre l’Hyper Cacher et le climat d’antisémitisme latent ressenti par certains juifs de France, ont été des catalyseurs dans la prise de décision d’émigrer en Israël.

En 2014, 7.231 juifs de France sont venus s’installer en Israël. Ce nombre a-t-il crû en 2015 ?

De 2000 à 2012, il y avait 1.600 Alyah de Français par an. Et le chiffre de 7.231 en 2014 montrait déjà une augmentation très forte, car il était l’une des conséquences de l’affaire Merah. Mais en 2015, le nombre d’Alyah de Français a encore progressé de 10 %. Sur les 7.900 personnes qui sont parties vivre en Israël l’an dernier, 3.500 personnes se sont envolées en famille. Un record car habituellement, ce sont plutôt les jeunes et les seniors qui partent. Si les familles ont émigré, alors que leurs enfants étaient scolarisés en France auparavant, c’est avant tout pour protéger leur foyer, selon leurs dires.

Pensez-vous que cette tendance va perdurer ?

Oui, je pense, pendant encore un an ou deux. Mais il n’y aura pas un exode massif des juifs de France.

Dans quelles villes s’installent le plus souvent les Français ?

A Netanya (30 %), Jérusalem (10 %), Tel Aviv (10 %), Ashdod et Raanana.

Des aides spécifiques ont-elles été mises en place pour aider les juifs de France à s’installer en Israël ?

En 2015, le nombre d’heures de cours d’hébreu dispensées gracieusement a doublé (il est passé de 500 à 1.000 heures par personne). Quant à l’aide financière proposée les cinq premiers mois suivant l’installation, elle est toujours de l’ordre de 3.000 euros par personne.

Et quels sont ceux qui reviennent en France finalement ?

Environ 20 % d’entre eux. Généralement pour des raisons économiques. Soit parce que leur formation n’est pas reconnue en Israël, soit parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi. Certains découvrent aussi que le pays des vacances n’est pas celui du quotidien. Israël n’est pas un eldorado. S’y installer demeure un choix difficile.

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