Manuel Valls le 8 janvier 2016 à Evry
Manuel Valls le 8 janvier 2016 à Evry - DOMINIQUE FAGET / POOL / AFP

Manuel Valls a clôturé un «rassemblement unitaire d'hommage» aux victimes des attentats de janvier 2015. A la tribune le Premier ministre a souligné samedi, un an après la tuerie antisémite du supermarché juif Hyper Cacher à Paris, «l'angoisse immense» et «légitime» des Juifs de France, en répétant que sans eux «la France ne serait pas la France».

Le Premier ministre a insisté sur la prise de conscience trop tardive à ses yeux de l'essor des crimes antisémites en France, appelant à répondre aux inquiétudes de la communauté juive.

La place des juifs en France

«Voir des Français juifs quitter, de plus en plus nombreux, leur pays parce qu'ils ne se sentent plus en sécurité... Mais aussi parce qu'ils ne se sentent plus compris, parce qu'ils ne se sentent plus à leur place, aurait dû être, depuis longtemps, pour nous tous Français, une idée insupportable», a déclaré le Premier ministre lors de la cérémonie d'hommage aux victimes d'Amédy Coulibaly. «Car je l'ai dit avec mes mots, avec mon coeur, avec mes tripes, et je ne cesserai de le répéter parce que c'est une conviction profonde : sans les Juifs de France, la France ne serait pas la France !», a-t-il poursuivi, répétant sous les applaudissements ce qu'il avait dit le 10 janvier 2015, au lendemain de la prise d'otages meurtrière de l'Hyper Cacher.

Le 9 janvier 2015, la France «a enfin pleinement ouvert les yeux sur ce que ressentaient au fond d'eux-mêmes, sans être suffisamment entendus, les Juifs de France», selon M. Valls, citant la mort d'Ilan Halimi et le massacre dans une école juive par Mohammed Merah. «Cette angoisse, cette angoisse immense, cette angoisse légitime ne doit plus jamais être sous-estimée. Et nous devons tous ensemble lui apporter une réponse», a-t-il appelé.

Aucune explication aux crimes djihadistes

Manuel Valls a aussi déclaré qu'il ne pouvait y avoir d'«explication» possible aux actes des djihadistes qui «déchirent ce contrat qui nous unit», lors d'un hommage aux victimes un an après l'attaque de l'Hyper Cacher. «Pour ces ennemis qui s'en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser».

«Rien ne peut expliquer que l'on tue à des terrasses de cafés! Rien ne peut expliquer que l'on tue dans une salle de concert ! Rien ne peut expliquer que l'on tue des journalistes et des policiers ! Et rien ne peut expliquer que l'on tue des juifs ! Rien ne pourra jamais expliquer!», a lancé M. Valls, sous les applaudissements.

«Nous avons subi un acte de guerre. C'est une véritable guerre qui nous a été déclarée. Nous devrons l'affronter et la gagner», a-t-il assuré.

 

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