Un journaliste de BFM TV en reportage à Vincennes le 9 janvier 2015.
Un journaliste de BFM TV en reportage à Vincennes le 9 janvier 2015. - Fatih Tursun/SIPA

Ils n’iront finalement pas en justice. Des otages de l’Hyper Cacher qui accusaient BFMTV de les avoir mis en danger en révélant pendant le drame de janvier 2015 que l’un d’eux se cachait dans la chambre froide, ont retiré leur plainte après un accord avec la chaîne d’info, ont annoncé vendredi leurs avocats à l’AFP. Un accord qui apporte de « l’apaisement » aux ex-otages et « participe de leur reconstruction », a confié leur avocat à 20 Minutes.

 

« Dans un souci d’apaisement, BFMTV souhaite réitérer ses plus vifs regrets pour avoir diffusé cette information qui a constitué une faute et aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour la vie, l’intégrité et la sécurité des otages », déclarent la chaîne dans un communiqué commun avec les plaignants, transmis par leurs avocats, Me Patrick Klugman et Me Hervé Temime.

« Cet accord apporte de l’apaisement »

Pour les anciens otages, cet accord est un soulagement. « Cela participe de leur reconstruction », a déclaré leur avocat Maître Patrick Klugman à 20 Minutes. « La plainte était construite sur des faits, mais l’attitude de BFMTV, dans un premier temps arrogante et dans le déni absolu, a beaucoup évolué. La chaîne a présenté des excuses et souhaité un rapprochement avec les plaignants, cinq adultes et un enfant, qui ont accepté à l’unanimité. « Ils n’ont jamais voulu se diviser », précise leur avocat.

« Cet accord apporte de l’apaisement pour les deux parties. Pour mes clients, le traumatisme du traitement médiatique de l’Hyper Cacher était aussi vif que celui de la prise d’otage ». Pour autant, les six plaignants ne souhaitaient pas aller jusqu’au procès. Le plus important, « c’était ce point de principe, la reconnaissance de cette faute qui aurait pu être tragique ».

Des « bonnes pratiques » médiatiques

Les ex-otages de l’Hyper Cacher sont satisfaits des excuses de la chaîne et des articles que BFMTV a décidé d’inclure dans sa charte. Ces trois articles précisent le comportement à adopter en cas d’attaque terroriste et de prise d’otages afin de « ne pas mettre en danger la vie des otages, des personnes victimes d’enlèvements ou d’attentats, à respecter leur intégrité et la sensibilité de leurs proches » (voir ci-dessous).

« Nous espérons que ces bonnes pratiques serviront de guide, même pour d’autres médias, car nous n’en avons pas fini avec le terrorisme, et donc avec le traitement médiatique du terrorisme », souligne Maître Klugman. « Cet accord permet de sortir par le haut, de donner naissance à quelque chose de positif ».

60.000 euros, une somme symbolique

Autre point de l’accord, BFMTV va verser 60.000 euros au Fonds social juif unifié, pour le soutien des victimes de terrorisme, à la demande des anciens otages, qui avaient été soutenus par cette association après l’attaque de l’Hyper Cacher. C’était un point sensible, car la chaîne d’information « ne voulait pas donner l’impression d’acheter le silence ou la souffrance », souligne Maître Klugman. « Mais pour nous, une faute reconnue ne pouvait rester sans réparations ». Cette somme, calculée pour « éviter le dérisoire ou l’excessif », est surtout « symbolique ».

Les six plaignants vont se désister de leur plainte, conclut l’avocat.

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