Une mère montre la photo de sa fille partie faire le djihad
Une mère montre la photo de sa fille partie faire le djihad - Fred Scheiber/AP/SIPA

A chaque recensement, elles sont toujours plus nombreuses. Près de 200 femmes françaises ont été recensées comme candidates au djihad sur le front irako-syrien selon un rapport confidentiel des services de renseignement dévoilé par France Inter.

Selon la radio, les femmes représentent désormais plus d'« un tiers des Français sur place (35%), soit trois fois plus qu’il y a deux ans ». Des chiffres qui montent bien que la propagande de Daesh dirigée envers la gent féminine fonctionne, d'autant que d'après la radio, si un djihadiste sur 6 est un converti, cette proportion monte à 1 sur 3 chez les femmes. Lorsqu’elles arrivent en Syrie ou en Irak, les femmes se marient et procréent dans le but d’assurer le renouvellement des générations de djihadistes.

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Seules quelques rares femmes, diplômées, occupent un poste administratif ou œuvre à la communication de l’organisation de l’Etat islamique. D’autres font partie des « brigades de femmes de la police islamique chargées de faire appliquer la charia », informe la radio. Ces groupuscules créent il y a deux ans, ont pour mission de contrôler l’identité des femmes cachées sous les burqas pour éviter que ne se cachent dessous des opposants à Daesh. Elles contrôlent aussi ce qu’elles estiment être « la bonne conduite » des femmes syriennes.

Des femmes violentes

Lorsqu’elles occupent ces fonctions, les femmes se montrent violentes. Elles n’hésitent pas à fouetter les autres femmes. Elles mettent aussi des contraventions de manière totalement aléatoire. « Il y a des contraventions pour des femmes qui ne portent pas de gants, ou celles qui ont du vernis aux ongles ou des chaussettes pas assez épaisses ou pas assez noires, pour un niqab trop transparent ou pour une habaya extra-large mais jugée trop près du corps », raconte une jeune syrienne de Raqqa, Haya Al Hali. sur France Inter. Ces femmes sont d’ailleurs détestées par les populations locales.


Le destin des femmes de djihadistes par 20Minutes

La majorité des femmes qui partent en Irak ou en Syrie ne reviennent pas. Cependant, l’une d’elle qui se fait appeler Sophie Kasiki est parvenue à rentrer en France. Elle raconte ce qu’elle a vécu dans un livre intitulé Dans la nuit de Daech, publié Chez Robert Laffont. France Info en publie un extrait, où elle raconte ce qui se passe dans les maqqars, maisons om les femmes djihadistes vivent lorsqu’elles arrivent.

« Le maqqar, c’est une maison qui est une espèce de crèche pour femmes, avec enfants pour certaines. Il y a des grillages, toutes les portes sont fermées, les clés sont tenues par une sorte de matrone armée. Je suppose qu’elle était française car elle parlait un français impeccable. Il y a une salle télé avec des vidéos de propagande, où défilaient les images des égorgements, et toutes les horreurs que commet l’Etat islamique. De la sorte ces enfants sont habitués à voir des gens se faire couper la tête, et à ne pas réagir, à côté de leurs mères ou d’autres femmes qui applaudissent ou rient. Les petits que j’ai vus – de 2 à 6 ans et plus – semblaient habitués à cette violence. Et eux-mêmes se comportaient comme des petits sauvageons. ». Un témoignage glaçant qui dissuadera peut être des jeunes femmes de partir faire le djihad.

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