Un policier dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris, après l'attaque survenue devant un commissariat le 7 janvier 2015.
Un policier dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris, après l'attaque survenue devant un commissariat le 7 janvier 2015. - Michel Euler/AP/SIPA

Un homme a été abattu par la police ce jeudi, après avoir tenté d’agresser deux agents dans un commissariat de la rue de la Goutte d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. 20 Minutes fait le point sur cette attaque déjouée.

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Que s’est-il passé ?

A 11h30, un homme armé « d’une arme blanche de type feuille de boucher et d’un dispositif explosif fictif s’est présenté devant le commissariat du XVIIIe arrondissement, a exhibé son arme et crié “allah akbar” avant d’être abattu par les policiers en faction devant le commissariat », selon le procureur de Paris François Molins. Aucun policier n’a été blessé. 

« Ont été découverts sur lui un téléphone portable et un papier sur lequel figurent le drapeau de Daech (acronyme arabe du groupe jihadiste Etat islamique, NDLR) et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe », a-t-il précisé.

Pour autant, « ce qui apparaît très clairement de ce qui est connu de cette personne, (c'est qu'elle) n'a aucun lien avec la radicalisation violente, aucun », a affirmé la ministre de la Justice Christiane Taubira sur iTELE.

Des témoins ont confié à une journaliste de 20 Minutes avoir entendu « quatre coups de feu ».

 

Dans un premier temps, une équipe de déminage est intervenue avant l'arrivée de la police technique et scientifique. 

La zone a été bouclée, la police invitant les riverains à reste chez eux et les passants à se réfugier dans les commerces, qui ont baissé leur grille, tandis que les élèves d’une école maternelle et d’une école primaire de la rue ont été confinés. 

 

Que sait-on du suspect ?

L’assaillant n’avait pas de papiers sur lui. L'agresseur, « en cours d'identification », selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s'est rendu sur place, est connu des services de police pour une affaire de vol en réunion en 2013 à Sainte-Maxime (Var), a appris l'AFP de sources proches de l'enquête. 

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A l'époque des faits, l'homme avait déclaré aux gendarmes chargés de l'enquête s'appeler Sallah Ali. Il se présentait comme un sans-domicile fixe, né en 1995 à Casablanca au Maroc. Ses empreintes avaient alors été enregistrées et elles correspondent à celles de l'homme tué jeudi, selon ces sources. Des documents retrouvés sur lui mentionneraient pourtant un autre nom.

 

Après avoir été abattu, son corps gisant devant le commissariat a été photographié par des témoins. L’homme portait un manteau sombre et un jean bleu. Il « était habillé en jeans, avec un k-way un peu long de couleur noir et gris et des baskets noires. Il est rasé de près, coupé court, et un peu jeune, il a moins de 30 ans », a décrit un voisin du commissariat sur Europe 1.

De quelles armes disposait-il ?

C’est avec un hachoir de boucher qu’il aurait menacé un policier. L’assaillant semblait également porter un gilet explosif. Sous son manteau, les policiers ont remarqué une petite pochette scotchée d’où sortait un fil. Un robot de déminage a permis de s’assurer que ce dispositif ne contenait pas d’explosifs.

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Quels sont les éléments liés au djihadisme qui ont été retrouvés sur l’assaillant ?

Selon un communiqué du parquet de Paris, un papier avec un « drapeau de Daech » et une « revendication manuscrite non équivoque en langue arabe » ont été retrouvés sur lui. Ce texte évoque « des actes pour venger les morts en Syrie », a précisé une source proche de l’enquête.

 

C’est probablement cet indice qui a amené la section antiterroriste à se saisir de l’enquête ouverte quelques heures plus tôt par le parquet de Paris pour « tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle se porte désormais officiellement sur des faits de « tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste ».

Cette attaque survient un an jour pour jour après la tuerie contre Charlie Hebdo qui avait fait douze morts. Depuis le 4 janvier 2016, le dispositif de sécurité a été renforcé à Paris, avec une vigilance particulière aux abords des écoles, par environ 300 CRS, a confirmé une source policière à 20 Minutes.

Ce mode opératoire rappelle celui d’une attaque survenue le 20 décembre 2014 à Joué-les-Tours, en Indre-et-Loire. Un homme âgé de 20 ans était entré dans un commissariat et avait blessé à l’arme blanche trois policiers en criant « Allah Akbar ». Ce converti à l’islam avait été abattu par les policiers.

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