Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve (c,g) et Anne Hidalgo, la maire de Paris (c,d) arrivent au siège de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve (c,g) et Anne Hidalgo, la maire de Paris (c,d) arrivent au siège de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015 - Martin Bureau AFP

Ne pas laisser gonfler la polémique. Alors que plusieurs familles de victimes de la tuerie de Charlie Hebdo ont critiqué dans les médias les failles de la protection des locaux de l'hebdomadaire satirique, Bernard Cazeneuve assuré ce mardi sur RTL que la sécurité «avait été adaptée au contexte terroriste de l'époque»

«Il y avait une protection avec des gardes statiques» de policiers en raison des menaces terroristes visant le journal depuis plusieurs années, a déclaré le ministre de l'Intérieur. «Puis, pour des raisons qui tenaient au fait que les terroristes avaient indiqué vouloir prendre des militaires ou policiers pour cibles», a-t-il ajouté, «nous avions pris la décision, pour des raisons de sécurité», d'y «substituer des gardes dynamiques», c'est-à-dire plus mouvantes.

«Il y avait des policiers» assurant « la protection des journalistes», a-t-il également précisé. Une réponse à  Ingrid Brinsolaro, la veuve du policier Franck Brinsolaro qui assurait la protection permanente du dessinateur Charb, directeur de Charlie, a déposé plainte contre X en pointant des «manquements» dans le dispositif de sécurité. Son mari comme Charb ont été tués dans l'attaque djihadiste.

Un enquête parlementaire devrait être lancée

Elle «a décidé de porter plainte», a confirmé Bernard Cazeneuve, «elle a exprimé son chagrin, son désarroi», il faut «le respecter» et que «les questions qu'elle pose fassent l'objet de réponses». «Je l'ai reçue, la recevrai aussi souvent que cela sera nécessaire», a-t-il promis.

«Si une enquête parlementaire» devait être lancée sur ces questions «elle permettra d'aller plus loin encore». «Il faut que la vérité l'emporte toujours sur toute autre considération», a insisté le ministre. Interrogé par ailleurs sur une «guerre des polices» dans la lutte contre le terrorisme, il a assuré que de «nouvelles méthodes de travail de décloisonnement des services» avaient été mises en place dont un état-major autour de lui «pour que les gens se parlent».

Il y a eu «énormément de décisions et d'actions», a-t-il dit, citant le démantèlement de dix-huit filières de recrutement de jihadistes depuis 2013, l'arrestation de onze groupes «s'apprêtant à commettre des attentats» et «six attentats déjoués depuis le printemps» dernier.

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