Manuel Valls et François Hollande réunis le 18 décembre 2015 devant les maires de France.
Manuel Valls et François Hollande réunis le 18 décembre 2015 devant les maires de France. - STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

C'est un documentaire qui nous emmène dans les coulisses du pouvoir.  «Attentats, au coeur du pouvoir», diffusé lundi à 20H55 sur France 3, examine la gestion par l'exécutif des attaques de 2015 en donnant la parole aux protagonistes, notamment au trio Hollande-Valls-Cazeneuve. On y apprend notamment que Manuel Valls avait fait rédiger une note après les attentats de janvier, note où le Premier ministre prévoyait déjà d'instaurer l'état d'urgence en cas d'un nouvel attentat.

François Hollande groggy 

Le 13 novembre au soir, c'est un président «sonné» qui retrouve place Beauvau le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, rivé à son téléphone. Manuel Valls sort alors une note qu'il avait fait rédiger après janvier, dans l'hypothèse où un attentat «multi-sites» frapperait la France: elle prévoit la fermeture des frontières et l'instauration de l'état d'urgence.

 Le président hésite, consulte le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, un proche qui approuve la mesure. Hollande l'annonce dans une allocution télévisée où affleure son émotion

Envahissement de l'espace médiatique

Après le 13 novembre, le pouvoir sait qu'on lui demandera des comptes. La réponse se doit d'être à la hauteur: ce sera le Congrès, sur une idée originale de Valls et Cazeneuve.«La France est en guerre», déclare le président debant les députés réunis à Versailles.

L'exécutif a retenu les leçons de janvier 2015, et les fuites lors de la prise d'otages de l'Hyper Cacher relayées par les chaînes d'info en continu. Désormais les officiels saturent l'espace médiatique pour montrer que l'État est présent, mais aussi délivrer un message d'unité, et selon le réalisteur du documentaire élaborer le «récit national».

Marine Le Pen au courant des futures frappes en Syrie

Dans le document de France 3, on apprend aussi que le locataire de l'Elysée à réservé à Marine Le Pen la primeur d'une information: la France s'apprête à frapper en Syrie. Et que Jean-Christophe Cambadélis s'est rallié à la déchéance de nationalité par pur calcul politique: c'était le prix de l'unité nationale.

«De l'extérieur, on avait l'impression d'une fluidité, on ne s'est jamais dit que la guerre civile menaçait mais quand tu parles avec les responsables de l'État, pendant ces deux crises, tous ont eu peur d'un chaos, d'actes de vengeance, que les choses leur échappent», explique à l'AFP le réalisateur Antoine Vitkine, coauteur du film avec le journaliste Bruno Dive.

Mots-clés :