Des policiers près d'une voiture endommagée devant la mosquée de Valence, le 1er janvier 2016, après qu'un homme a foncé en voiture sur un militaire
Des policiers près d'une voiture endommagée devant la mosquée de Valence, le 1er janvier 2016, après qu'un homme a foncé en voiture sur un militaire - PATRICK GARDIN AFP

La « piste terroriste est actuellement écartée » dans l’agression de militaires devant la mosquée de Valence, a déclaré ce samedi le procureur de la République, évoquant le « comportement d’un individu solitaire ».

« Rien ne renvoie sur l’appartenance à un réseau quelconque »

« Le parquet de Paris a estimé qu’il n’y avait pas matière à retenir sa compétence en l’état des vérifications et des perquisitions », a ajouté Alex Perrin, au cours d’une conférence de presse. « Rien ne renvoie sur l’appartenance à un réseau quelconque », a-t-il dit.

Pour autant, l’agresseur aurait fait part devant les secouristes « de sa volonté de se faire tuer par des militaires et de tuer des militaires », au motif que ceux-ci « tuaient les gens », a encore dit le magistrat.

« C’est manifestement quelqu’un qui a agi en solitaire et sans lien particulier avec une mouvance » islamique, a noté Alex Perrin.

Selon le procureur, « ni arme ni document en relation avec une éventuelle appartenance à un radicalisme religieux ou à des mouvances terroristes » n’ont été retrouvés dans son véhicule. Une perquisition au domicile de l’agresseur à Bron, près de Lyon, s’est révélée négative « dans un premier temps ». Son matériel informatique est toujours en cours d’exploitation par les enquêteurs.

« Ses motivations sont pour l’instant inexplicables », a relevé le procureur, en soulignant toutefois que, lors de l’assaut, « il aurait notamment proféré "Allah est grand", ce qui montre un lien avec une certaine religiosité ».

 

Il est actuellement sans emploi.

Sérieusement blessé à une jambe et un bras, il a été opéré vendredi soir et son audition ne faisait que commencer samedi au moment de la conférence de presse en début d’après-midi.

"On devrait savoir dans les heures qui viennent ses motivations", a avancé le magistrat.

"Il n’a pas de passé psychiatrique particulier, même s’il y a des interrogations sur sa santé mentale", a encore dit le magistrat. Il a précisé, qu’à sa connaissance, l’homme n’avait pas fait de séjour en établissement psychiatrique.

 

Le conducteur opéré et placé en garde à vue

Vendredi vers 14h30, au volant d’un break rouge, un homme de 29 ans, originaire de Bron (banlieue lyonnaise), avait foncé à deux reprises sur quatre militaires en faction devant la grande mosquée de Valence. Ceux-ci avaient riposté avant de le neutraliser.

>> A lire aussi : Un homme fonce en voiture sur quatres militaires postés devant une mosquée à Valence

Sérieusement blessé au bras et à la jambe, l’agresseur a été hospitalisé à Valence. Son pronostic vital n’est pas engagé..

L’agresseur était totalement inconnu des services de police

Selon le magistrat, il s’agit « d’un musulman pratiquant, mais pas radical », qui « fréquentait la mosquée de Bron et occasionnellement la mosquée de Valence ». Il était à Valence « depuis plusieurs jours », car il « était venu voir sa belle-famille », a-t-il ajouté.

Cet homme de 29 ans, Français d’origine tunisienne, n’a « pas d’antécédents pénaux » et est « inconnu des services de renseignement ». Il « n’est pas signalé pour des appartenances à des groupes radicaux ou religieux », a dit le procureur, ajoutant que l’examen de son passeport ne faisait pas apparaître de voyages ailleurs qu’en Tunisie

Actuellement sans emploi. Il aurait été perturbé par la perte de son travail, selon le Procureur. Sa famille a été entendue et notamment sa femme qui « ne comprend pas ce qui s’est passé » et n’a pas évoqué de troubles du comportement ni de radicalisme de son mari, rapporte un journaliste de France 2 citant le magistrat.

« Il n’a pas de passé psychiatrique particulier, même s’il y a des interrogations sur sa santé mentale », a encore dit le magistrat. Il a précisé, qu’à sa connaissance, l’homme n’avait pas fait de séjour en établissement psychiatrique

Ouverture dimanche d’une information judiciaire

L’audition de l’homme a débuté ce samedi dans la matinée. « Dans les 24h qui viennent, nous aurons des déclarations plus détaillées qui nous permettront de comprendre ce passage à l’acte », a indiqué Alex Perrin, cité par un journaliste de France 2 sur Twitter.

Une information judiciaire pour « tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique » sera ouverte dimanche à Valence. « On s’interroge pour savoir si c’est un acte prémédité », auquel cas l’information serait requalifiée en « tentative d’assassinat », a précisé le procureur.

>> A lire aussi : Le Drian salue le sang-froid des militaires attaqués devant la grande mosquée de Valence

Mots-clés :