« Il y a des lignes rouges qui ne peuvent pas être discutées », surtout si on ne parle pas la même langue. Ce mercredi soir, le Premier ministre Manuel Valls a fait une démonstration d’autorité envers le nouvel exécutif corse dirigé par les nationalistes, refusant en bloc la co-officialité de la langue corse sur l’île, un statut fiscal particulier pour les résidents et l’amnistie des prisonniers politiques, trois revendications des nouveaux élus à l’Assemblée de Corse.  

Aussitôt après les déclarations de Manuel Valls sur TF1, Jean-Guy Talamoni, le nouveau président indépendantiste de l’Assemblée, lui a répondu au micro d’Europe1 : « Manuel Valls s'adresse aux Français mais pour notre part, élus de la Corse, nous nous adressons aux Corses. Il a rappelé que la langue de la République française était le français, ce que nous ne contestons pas, mais la langue de la Corse, c'est le corse et donc nous allons continuer à parler cette langue y compris à l'Assemblée et au sein des institutions corses », a martelé l’élu.

Des éditos cinglants

Depuis l’arrivée des nationalistes et des indépendantistes à la tête de l’île, et le discours très remarqué de Jean-Guy Talamoni en langue corse lors de son investiture, les relations entre Paris et la Corse sont remises en question. Ce mardi, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a appelé à ne pas « faire monter » les débats dans l’île, se disant « assez tolérant, à condition que les règles de la République soient respectées ».

Un édito de Christophe Barbier dans L’Express, qualifiant la Corse de « confetti encombré de chèvres et de châtaigniers », et celui du Courrier Picard  reprenant les mêmes clichés (« Dès que vous en avez assez de bâfrer avec des châtaignes et du fromage de chèvre, amis corses, dites-le nous ! On pourra rediscuter ») n’ ont pas apaisé les esprits. Sur Twitter, les Corses ont répondu avec un hashtag #donnezleurdesraisonsdenoushaïr . Ou de rire avec eux.  

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