Invitée le 8 décembre dernier à l'Assemblée nationale, Latifa Ibn Ziaten, la mère d’une des victimes de Mohamed Merah, avait été huée par certaines personnes lors d'une conférence. Dans un entretien publié ce mardi par le Bondy Blog, elle revient sur cet incident et annonce vouloir porter plainte.

Depuis la mort de son fils Imad Ibn Ziaten, assassiné par Mohamed Merah en mars 2012, Latifa Ibn Ziaten sillonne la France pour son association dédiée à «défendre les valeurs de la République et de la Laïcité». 

«Vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard»

Le 8 décembre dernier, elle était invitée à participer à un débat autour de la laïcité organisé par le groupe socialiste de l’Assemblée nationale, dans une des salles du Palais Bourbon. 

 

Elle a raconté au Bondy Blog que deux des convives l'ont suivie à la sortie de la salle, à la fin de son intervention, pour lui tenir des propos qui l'ont bouleversée.

Deux personnalités politiques connues du Parti socialiste

« Ces personnes m’ont plus que huée, elles m’ont agressée. Deux personnes sont sorties de la salle, elles m’ont suivie jusqu’à l’ascenseur. Elles m’ont dit : «vous n’êtes pas française Madame, vous dites que vous avez la nationalité française, mais vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France»… Ce mot honte m’a fait beaucoup de mal », confie Latifa Ibn Ziaten au Bondy Blog.

 

Si Latifa Ibn Ziaten refuse de donner les noms des deux individus en question, elle affirme qu'il s'agit de personnalités politiques connues du Parti socialiste. Elle compte porter plainte pour agression. «Heureusement que j’avais l’officier de sécurité avec moi pour me protéger (...) L’un parlait, était agressif mais était en retrait, l’autre était en face de moi, devenait tout rouge, ça moussait dans sa bouche tellement il y avait de la colère», décrit-elle, encore choquée.

«Je porte ce foulard depuis que j’ai perdu mon fils»

Latifa Ibn Ziaten affirme en outre que l'«on peut défendre la laïcité, avec le foulard, avec la kippa, avec la croix. Il faut regarder la personne qui est en face de soi, pas l’apparence. Si l’on regarde l’apparence, on n’avancera pas». Elle revient également sur son port du foulard. «Mais ce foulard, qui dérange-t-il ? Pourquoi je mets ce foulard ? Il y a un sens : je suis pratiquante musulmane, je suis fière de l’être, je porte ce foulard depuis que j’ai perdu mon fils, je suis en deuil et en plus, je suis partie à la Mecque».