Abdelhamid Abaaoud
 est mort lors de l'assaut du RAID à Saint-Denis
Abdelhamid Abaaoud est mort lors de l'assaut du RAID à Saint-Denis - Vidéo CNN

L'enquête avance toujours. Plus d'un mois après les attaques du 13 novembre à Paris, de nouveaux éléments ont été révélés ce dimanche dans plusieurs articles du Parisien. Passage en revue.

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Abaaoud s'est caché... dans un buisson

L'homme s'est réfugié quelques heures seulement après les attentats dans un buisson le long de la rue Marcel-Carné à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), selon l'examen de son portable. «Pendant quatre jours et trois nuits, il a vécu comme un SDF dans cette zone d'entrepôts, en contrebas de l'A86», souligne Le Parisien. Le quotidien publie ce dimanche soir une vidéo de la fouille du buisson par la police scientifique le jeudi 19 novembre dernier. Le 17 novembre, les policiers informés par «un témoignage décisif» sont en planque aux alentours quand ils voient, à 20 h 10, une jeune femme s'approcher des fourrés, téléphone mobile à l'oreille. Il s'agit de Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abaaoud. Un premier homme sort des bosquets, suivi d'une deuxième silhouette: Abdelhamid Abaaoud, qui porte un gilet fermé qui cache peut-être un gilet explosif. Ordre est donné de ne pas intervenir, et le trio est pris en filature jusqu'à la rue Corbillon, à Saint-Denis, où le Raid interviendra quelques heures plus tard.

Abdeslam contrôlé trois fois en France

Après les attentats, Salah Abdeslam s'est lui caché à Montrouge (Hauts-de-Seine). Il s'est d'abord tourné vers son cousin parisien, lui demandant de « venir le chercher à Châtillon » parce qu'il était « dans la merde », affirme Le Parisien. Celui-ci refuse : « Je ne sais pas si t'es au courant, mais il y a des attentats. » « Ah ouais, il y a des attentats ? », réplique Abdeslam dans un échange surréaliste. Le terroriste se tourne alors vers ses amis à Molenbeek (Belgique), Mohamed Amri et Hamza Attou, qui acceptent de venir le chercher.

Il leur «donne ses indications par texto depuis l'allée Vauban à Châtillon (Hauts-de-Seine) où il se cache à partir de minuit», raconte le quotidien. Le terroriste est « agité... pas à l'aise... pas bien », avant de devenir menaçant: « Il nous a dit de le ramener à Bruxelles, sinon il ferait exploser la voiture. » Avant de se vanter d'être le «dixième» responsable des attentats. Abdeslam insiste pour prendre les petites routes, mais le conducteur se perd et finit sur l'autoroute. La voiture est arrêtée à trois reprises en France. Au dernier contrôle, près de Cambrai (Nord), Salah Abdeslam donne son adresse de Molenbeek aux policiers, mais il n'est pas encore recherché.

Les terroristes étaient en contact avec des complices en Belgique

Les commandos du Bataclan et des terrasses des restaurants parisiens «étaient en relation avec un ou plusieurs interlocuteurs restés en Belgique, juste au moment de perpétrer leurs crimes», indique Le Parisien. Le SMS découvert sur un téléphone dans une poubelle près de la salle de spectacle — « On est partis, on commence » — a été envoyé vers un premier numéro de téléphone belge. Puis, le même soir, un deuxième numéro belge a reçu des appels de l'un des auteurs de tirs de kalachnikov sur les clients des cafés dans les Xe et XIe arrondissements. « Ces deux numéros ont été utilisés par une ou deux personnes se trouvant dans un périmètre géographique identique en Belgique », précise un haut fonctionnaire

Les policiers ont également découvert que Jawad Bendaoud, « le logeur », était en contact avec une ligne téléphonique en Belgique dix jours avant les attentats. Et l'utilisateur de cette même ligne était en relation avec un autre numéro de portable belge, localisé du côté de Charleroi, dont le propriétaire s'est rendu en France le 13 novembre, à Saint-Denis, puis dans le XIe arrondissement, alors que les attaques avaient débuté. Il est ensuite resté du côté du boulevard Barbès (XVIIIe) «jusqu'au 15 novembre avant de repartir vers la Belgique». Les enquêteurs tentent toujours de l'identifier.

L'« industrie de faux documents » de Daesh

Le Parisien explique enfin comment l'organisation terroriste réussit à introduire ses commandos en Europe. Les enquêteurs ont retrouvé sur deux des trois kamikazes du Stade de France des documents émanant de lots volés à l'état vierge à Raqqa et Deir ez-Zor, en Syrie. Selon les experts, « toutes les sécurités attendues sont présentes [...] et aucune trace de fraude n'a été constatée. » Seules les photos auraient été changées. Daech fournirait donc de « vrais-faux » papiers à ses espions. Selon le quotidien, «une autre source d'approvisionnement en passeports», occidentaux cette fois, aurait été identifiée par la DGSI: «A l'arrivée en Syrie, les recrues extérieures sont délestées de leurs documents. Ces passeports authentiques sont ensuite réattribués à des combattants physiquement ressemblants.»

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