Attentats à Paris: Les attaques du 13 novembre ont coûté moins de «30.000 euros»

TERRORISME Les terroristes présumés auraient rassemblé la somme nécessaire aux attentats en cumulant de «toutes petites sommes»…

L.C. avec AFP

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Le ministres des Finances Michel Sapin, le 29 octobre 2015 à Paris.

Le ministres des Finances Michel Sapin, le 29 octobre 2015 à Paris. — YANN BOHAC/SIPA

Trente mille euros. C’est le budget des attentats du 13 novembre estimé par le ministre des Finances Michel Sapin. Les auteurs des attentats du 13 novembre n’ont pas eu besoin de plus de « 30.000 euros » pour organiser les attaques, a-t-il déclaré ce jeudi. Un pécule formé par un « cumul de toutes petites sommes » selon le ministre.

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Un « cumul de toutes petites sommes »

« Le coût des derniers attentats, le financement des attentats, c’est une somme qui n’a pas été plus élevée que 30.000 euros », a dit Michel Sapin lors d’une conférence de presse consacrée notamment à la lutte contre le financement du terrorisme. Pour réunir une telle somme, « il n’y a pas besoin d’énormément de mouvements » d’argent, a souligné le ministre. Les attentats du 13 novembre ont été financés selon lui par un « cumul de toutes petites sommes », via notamment des cartes prépayées.

Selon Tracfin, le service de renseignement financier dépendant de Bercy, ces cartes prépayées, dont certaines ont été achetées en Belgique, ont permis de louer les voitures et les appartements utilisés par les assaillants la veille et l’avant-veille des attentats à Paris et Saint-Denis.

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Le ministre a loué le rôle de Tracfin dans l’enquête

Il s’agit désormais de tirer les leçons de ces analyses pour prévenir de futurs attentats. « Une information rapide sur ces mouvements financiers de petites sommes peut être cruciale » pour repérer des menaces terroristes, a estimé Michel Sapin, qui a au passage insisté sur le rôle joué par les agents de Tracfin dans l’enquête sur les attaques du 13 novembre. « Dans les heures qui ont suivi les attentats, l’analyse des mouvements de fonds a permis d’identifier des éléments familiaux, en Belgique, qui ont permis ensuite aux services de localiser ceux qui ont été délogés », a expliqué le ministre des Finances, évoquant « l’équipe terroriste de Saint-Denis ».

« Ce n’est évidemment pas le seul élément » qui a contribué à les repérer, a poursuivi le ministre. « La caractéristique du renseignement financier, c’est qu’il ne suffit pas à lui seul. C’est un élément qu’il faut absolument échanger et croiser avec d’autres ».

Après les attentats, plusieurs mesures ont été annoncées pour renforcer la lutte contre le financement du terrorisme, dont un accès direct de Tracfin au fichier des personnes recherchées (FPR). Une réunion interministérielle consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme a été convoquée jeudi après-midi par l’Elysée.