La cour d’appel a tranché, et ce n’est pas en faveur de Bernard Tapie. L’homme d’affaires devra rembourser « la somme de 404.623.082,54 euros » obtenus en 2008 pour mettre un terme à son litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas en 1994, a annoncé ce jeudi la cour d’appel de Paris, qui a rejeté ses demandes.

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Il devra en outre rembourser le coût de la procédure d’arbitrage. Bernard Tapie doit être déçu : il espérait que la cour lui octroie entre 516 millions et 1,174 milliard d’euros en réparation du préjudice qu’il estime avoir subi dans l’affaire de la revente d’Adidas. «Aujourd'hui, je suis obligé de dire que la décision qui vient d'être rendue est invraisemblable: aussi bien en droit qu'en fait, elle constitue un déni de justice pur et simple. Nous étudions en conséquence toutes les voies de droit disponibles afin que la justice dans cette affaire, enfin, prévale», a commenté son avocat, Me Gaillard.

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En 2008, un tribunal arbitral privé lui avait octroyé les 404 millions, mais cette sentence a été annulée en début d’année car elle est entachée d’un soupçon de fraude. L’homme d’affaires, qui se juge floué par la banque, avait déjà obtenu 135 millions d’euros en 2005 devant la cour d’appel mais cet arrêt avait été cassé par la Cour de cassation en 2006.

« Pas de fautes » commises par les filiales du Crédit Lyonnais

La cour d’appel explique sa décision dans un communiqué. D’une part, elle a estimé « irrecevables » les demandes présentées par le Groupe Bernard Tapie. Sur le fond, elle juge que « la SDBO et Clinvest », les deux filiales du Crédit lyonnais visées par l’homme d’affaires, « n’ont pas commis les fautes qui leur sont reprochées ». Pour la cour d’appel, le « prix de vente - 2,085 milliards de francs - correspondait à la valeur réelle d’Adidas à la date de la cession ».

De plus, les sociétés de Bernard Tapie « disposaient, à la date de la vente d’Adidas, des mêmes éléments d’information que la banque, notamment sur les perspectives de redressement d’Adidas ». « Et le groupe Tapie, au vu de ses résultats catastrophiques de 1992, n’était en mesure ni d’obtenir les apports en capital importants qu’exigeait le redressement d’Adidas, ni dès lors de conserver durablement les titres et d’envisager une mise en bourse d’Adidas pour son propre compte », estime la cour.