Le compteur électrique intelligent "Linky" présenté à Tours le 18 mars 2009
Le compteur électrique intelligent "Linky" présenté à Tours le 18 mars 2009 - AFP

Un espion nocif ? Dans six ans, la quasi-totalité des foyers français devraient être équipés d’un Linky, le nouveau compteur électrique connecté, dont le déploiement vient de débuter en France. Mais ce boîtier vert anis, décrit comme étant « intelligent » puisqu’il permet de mesurer la consommation en temps réel et de la télétransmettre au fournisseur d’électricité, présenterait bien des risques, selon plusieurs associations. 20 Minutes passe en revue les principales critiques.

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Risque n°1 : Linky serait néfaste pour la santé

Avant d’être déployé en France, le compteur Linky a été expérimenté à Tours et à Lyon dans 300.000 foyers. Et certains ont très mal vécu ce test : des particuliers ont pris contact avec l’association Next-Up pour se plaindre de maux de tête, de fatigue ou encore d’acouphènes, comme le rapportait alors 20 Minutes.

Rien de surprenant d’après Next-Up : Linky fonctionne grâce à la technologie du « CPL », comprenez du « courant porteur en ligne », qui permet de transformer notre réseau électrique en un vrai réseau informatique. Problème : ce système génère au passage des perturbations électromagnétiques. Il rendrait même, d’après l’association Robin des Toits, « tous les câbles électriques domestiques rayonnants, donc toxiques ». « Avec un CPL, il est inconcevable de garder des câbles non blindés », ajoute l’association… Ce qui sera pourtant le cas.

Rappelons que les champs électromagnétiques sont classés comme étant « peut-être cancérigènes pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et que l’OTAN juge la technologie CPL suffisamment émettrice de rayonnements électromagnétiques pour l’avoir interdite dans ses sites militaires. Mais pour ERDF, « Linky n’a aucun impact sur la santé. [Il] respecte l’ensemble des normes sanitaires définies au niveau européen et français, lesquelles sont très restrictives, concernant l’exposition du public aux champs électromagnétiques ».

Risque n°2 : Linky menacerait notre liberté

Linky permet de mesurer la consommation d’électricité au sein d’un foyer en temps réel et de transmettre cette information au fournisseur. « L’abonné n’aura donc plus aucune vie privée car le moindre geste sera enregistré chez l’opérateur. Les heures précises où telle ou telle pièce s’allume ou s’éteint. La fréquence d’utilisation des appareils ménagers. Ou encore le nombre des écrans PC, le nombre d’ordinateurs, de postes TV, les chaines observées », s’insurge Robin des Toits.

Pour l’Observatoire du nucléaire, Linky va donc permettre « aux opérateurs de recueillir d’innombrables informations sur les usagers, utilisables à des fins commerciales ». Les fournisseurs d’électricité espèrent d’ailleurs se servir des données Linky pour proposer à leurs clients des offres plus personnalisées… Ce qui pourrait in fine alourdir la facture. L’Observatoire du nucléaire redoute aussi que les données compilées par Linky puissent être utilisées « à des fins policières » : « Les abus d’ores et déjà commis en ces temps d’état d’urgence ne laissent aucun doute sur le fait que les engagements des opérateurs ne valent strictement rien et seront oubliés à peine les compteurs installés ».

ERDF n’est pas de cet avis : « Conformément aux recommandations de la CNIL, les données de consommation appartiennent au client et ne peuvent être utilisées sans son accord ». Le gestionnaire ajoute que « le code de bonne conduite d’ERDF engage chaque salarié d’ERDF à respecter la protection des données commercialement sensibles et la réglementation liée au traitement des données à caractère personnel ».

Risque n°3 : Linky nuirait à notre sécurité

En transformant un réseau électrique en un réseau informatique, Linky ouvre la voie au hacking : « Un pirate peut intercepter les données recueillies par Linky et faire augmenter la facture d’un tiers puis baisser la sienne », avance Robin des Toits. Le système pourrait également faciliter les cambriolages puisqu’un pirate pourrait assimiler l’absence d’activité électrique prolongée à un départ en vacances…

Mais le gouvernement se veut rassurant : « Le projet Linky s’appuie sur une architecture informatique complexe, qui doit être préservée contre tout acte de malveillance. À cette fin, ERDF travaille en collaboration avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) afin que toutes les mesures de protection nécessaire soient prises ».

Et ERDF l’assure : « Les données qui circulent dans le système d’information Linky font l’objet d’un cryptage sur toute la chaîne. Le compteur ne connaît ainsi pas le détail des consommations de chaque appareil électrique et aucune donnée personnelle (nom, adresse, etc.) ne transite dans le système ».

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