Une apprenante choisit un Mooc sur la plateforme Fun.
Une apprenante choisit un Mooc sur la plateforme Fun. - LOISON VINCENT/SIPA

Petit à petit, ils ont fait leur nid. Les Moocs (Massive open online course), les cours en ligne gratuits et ouverts à tous, ont réussi à s’imposer. Alors que secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon, a présenté ce mercredi la nouvelle plateforme Fun, qui diffuse les Moocs produits par les universités et les grandes écoles françaises, 20 minutes s’est penché sur ceux qui remportent le plus de succès.

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1) Ceux qui permettent d’acquérir de nouvelles compétences

« Les Moocs professionnalisants qui permettent d’étoffer ses compétences rapidement, en obtenant si besoin est un certificat, fonctionnent particulièrement bien », confirme Gilles Daïd, coauteur du Guide pratique des Mooc. Ainsi, le Mooc « Du manager au leader » du Cnam, a réuni 36.000 inscrits à sa première cession en 2014 et 28.000 à la deuxième en 2015. « Sa cible était large et son contenu facilement accessible », explique Isabelle Gonon, directrice des Moocs au Cnam. Même succès pour « Gestion de projet » de Centrale Lille, qui a déjà formé plus de 80.000 apprenants depuis son lancement en 2013. Dispensé sur cinq semaines de cours via des vidéos de 10 minutes, des questionnaires et du partage d’expérience entre apprenants, il demande environ deux heures de travail par semaine. Faisable quand on est actif. Les cours en ligne plus techniques sur le Big Data, les ERP, le développement et IP6 fonctionnent aussi très bien.

2) Ceux qui sont en prise avec l’actualité

« Certains Moocs répondent à une demande des apprenants de comprendre des événements au cœur de l’actualité, d’où leur grand succès », constate Catherine Mongenet, directrice de Fun. C’est ce qui explique la réussite du Mooc « Terrorismes » du Cnam, du professeur de criminologie, Alain Bauer. Ce dernier a enregistré 11.500 inscrits à sa première session.

Dans le même esprit le cours « Géopolitique » de Grenoble école de management fonctionne très bien. Tout comme « Questions stratégiques » du Cnam qui a convaincu 15.000 apprenants.


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3) Ceux qui permettent d’élargir sa culture générale

« Certains enseignants sont même surpris de l’impact de leur Mooc », observe Catherine Mongenet. C’est le cas du cours « Université de la vigne et du vin pour tous », de l’Université de Bourgogne, qui est une initiation à l’œnologie. Sa première cession a été suivie par 8.500 inscrits. « Ce genre de Moocs peut être un produit d’appel d’une université qui va donner aux apprenants l’envie d’approfondir leurs connaissances en s’inscrivant dans un cursus plus long » explique Gilles Daïd. Les Moocs consacrés aux langues marchent aussi très bien. Comme « Français langue étrangère » de l’Alliance française de Paris qui cumule déjà 45.000 inscrits.

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4) Ceux qui sont destinés aux entrepreneurs

« Le Mooc "Créer votre site web avec HTML 5" réunit environ 10.000 apprenants par mois et "Avoir l’audace d’entreprendre" environ 2.000. Car ils sont pratico-pratiques et répondent aux besoins des entrepreneurs d’acquérir rapidement », observe Valérie Olzchanech, directrice marketing de la plateforme OpenClassrooms.

5) Ceux qui soignent la mise en scène

« Mettre en ligne des ressources pédagogiques ne permet pas de faire un bon Mooc. Il doit être très animé et proposer des vidéos, des quizz, un forum de discussion, des séances d’évaluation entre pairs… Quitte à faire appel à plusieurs intervenants », insiste Catherine Mongenet. « Il doit prévoir des mises en pratique régulières et faire participer souvent les apprenants », renchérit Valérie Olzchanech. La qualité du Mooc tient aussi à sa figure de proue, ajoute Gilles Daid : « L’enseignant qui l’anime doit être une pointure dans son domaine et doit être un minimum charismatique ».

Enfin, pour ne pas décourager les bonnes volontés, le Mooc ne doit pas durer trop longtemps : « L’idéal est qu’il s’étale sur 5 à 7 semaines et qu’il demande un travail de 2 à 4 heures par semaine », souligne Catherine Mongenet.

*Guide pratique des Mooc, Gilles Daïd et Pascal Nguyên, Eyrolles, 18 euros.

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