Affaire Adidas: Que pourrait s’offrir Tapie s’il obtient 1,174 milliard d’euros en justice?

JUSTICE « 20 Minutes » a établi la liste de courses de Bernard Tapie si la cour d’appel de Paris lui octroie, ce jeudi, entre 516 millions et 1,174 milliard d’euros dans l’affaire du Crédit Lyonnais…

Vincent Vantighem

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Bernard Tapie réclame en justice entre 516 millions et 1,174 milliard d'euros dans l'affaire du Crédit Lyonnais.

Bernard Tapie réclame en justice entre 516 millions et 1,174 milliard d'euros dans l'affaire du Crédit Lyonnais. — BORIS HORVAT / AFP

Il n’aurait même pas besoin d’envoyer sa liste au Père Noël. Bernard Tapie saura, ce jeudi, si la cour d’appel de Paris lui octroie entre 516 millions et 1,174 milliard d’euros en réparation du préjudice qu’il estime avoir subi dans l’affaire de la revente d’Adidas.

>> A lire aussi : Pourquoi Bernard Tapie réclame-t-il un milliard d’euros dans le litige contre le Crédit Lyonnais ?

C’est la somme que réclame l’homme d’affaires, estimant avoir été floué par le Crédit Lyonnais dans cette tentaculaire histoire vieille de plus de vingt ans. Comme Tapie possède déjà un jet privé, un yacht de luxe et une villa à Saint-Tropez (Var), 20 Minutes a établi la liste de courses qu’il pourrait maintenant établir s’il obtient gain de cause…

  • L’Olympique de Marseille : 121 millions d’euros

Bernard a toujours été fier de ses Grandes oreilles. ERIC CABANIS/AFP

Seul président français d’un club à avoir rapporté la Coupe aux grandes oreilles dans l’Hexagone en 1993, Bernard Tapie pourrait commencer par racheter l‘équipe de son cœur. Chaque année, le cabinet Brand Finance livre son classement des clubs les plus bankables au monde. Dans sa dernière livraison datant du 14 juin, on y apprend que l’Olympique de Marseille occupe le 31e rang mondial avec une valorisation estimée à 129 millions de dollars (121 millions d’euros). Source : Brand Finance - 14 Juin 2015.

Ça tombe bien. Selon L’Equipe du 6 octobre, Margarita Louis-Dreyfus aimerait justement s’en séparer. Elle aurait même pris des contacts en Inde, à Dubaï et aux Etats-Unis. Pas besoin de chercher si loin… « Nanard » aurait même les moyens de rajouter 100 millions pour dynamiser l’équipe phocéenne. Une attaque Batshuayi – Neymar, ça aurait de l’allure, non ?

  • Un label et un festival pour sa fille chanteuse : environ 15 millions d’euros

« Quand j’entends parler des malheurs du monde/Je me sens parfois coupable d’exister… » Sophie Tapie a besoin d’un coup de pouce pour percer dans la chanson. Papa est là… Bernard Tapie pourrait facilement s’offrir un label français pour propulser sa fille de 27 ans sur le devant de la scène. Pourquoi pas Naïve actuellement en difficultés financières et dont le coût était estimé à environ 12,5 millions d’euros en 2012. Cela reste plus abordable que le label EMI (celui des Beatles) qu’Universal a acheté pour 1,4 milliard d’euros

Et puis, pas de souci pour se payer un festival. Le Printemps de Bourges, ce n’est finalement « que » deux petits millions d’euros. Pour la peine, « Nanard » pourrait même en profiter pour remonter sur scène et motiver son héritière. Comme il le chantait en 1985 : « Réussir sa vie, c’est croire en l’instant ».

  • Un quotidien comme Libération : estimation impossible

« Vous faites un beau métier… » Mort de rire quand on lui présente l’objet de cet article, Olivier Bomsel assure qu’il est quasiment impossible d’évaluer la valeur d’un grand quotidien tant que celui-ci n’est pas en vente. « Il n’y a pas d’études sur ce sujet, révèle à 20 Minutes le directeur de la Chaire Médias et Economie des Marques à l’école des Mines. Pour savoir combien ça vaut, il faudrait déjà qu’il y ait un vendeur… »

Homme de gauche bien avant d’être un soutien de Sarkozy, Bernard Tapie pourrait craquer pour Libé. Pas sûr que Patrick Drahi veuille le céder cela dit. Quand cet homme d’affaires a acquis le quotidien en 2014, il n’a mis « que » 24 millions d’euros sur la table. « Mais cela n’est pas le prix du journal, poursuit Olivier Bomsel. Il y a une valeur culturelle et idéologique très forte qui n’a pas de prix. » Président de Nomen, société de création de marques, Marcel Botton assurait, au Figaro à l’époque, que la « marque » Libération pouvait valoir « plusieurs centaines de millions d’euros ». Quand on sait que « Nanard » a mis 50 millions pour s’offrir La Provence, on se dit que cela reste dans ses cordes.

  • Un parti politique et une candidature présidentielle : 30 à 40 millions d’euros

​En reprenant La Provence, Bernard Tapie a assuré qu’il n’avait aucune visée politique. Trois ans plus tôt, il disait pourtant que tout restait « ouvert ». Qui peut dire de quoi demain sera fait ? L’ancien ministre de la Ville de François Mitterrand aurait, en tout cas, les moyens de retourner dans l’arène.

Les chiffres fournis à 20 Minutes par la Commission nationale des comptes de campagne et du financement de la vie politique (CNCCFP) nous apprennent que le budget d’un parti comme le PS ou l’ex-UMP était de 50 millions d’euros en 2014. Surtout, les deux partis ont, respectivement, obtenu 28 et 19 millions d’euros d’aides publiques pour faire vivre la vie politique.

Et qui dit parti, dit candidature. Et pourquoi pas devenir le sauveur de la gauche en 2017 ? Si l’on s’en réfère à 2012, une campagne présidentielle ne peut pas coûter plus de 22 millions d’euros pour un candidat qualifié au second tour. Nicolas Sarkozy en sait quelque chose. Quand Tapie donne un meeting, Johnny voit une bête de scène. GEORGES GOBET/AFP

  • Un don à son association « Nouvelle Chance » : 99 % de sa richesse ?

Marc Zuckerberg pourrait-il inspirer Bernard Tapie ? Papa d’une petite Maxima depuis mardi, le patron de Facebook a annoncé dans la foulée qu’il allait léguer 99 % de ses actions à sa nouvelle fondation pour l’enfance. Bernard Tapie aussi est philanthrope. En 2012, il avait fondé « Nouvelle Chance », une association dont le but était d’aider les personnes surendettées afin qu’elles ne soient pas fichées à la Banque de France.

« L’association n’est plus active, confie à 20 Minutes Edouard Brezun, directeur général de BC Finance qui travaille avec le gendre de Bernard Tapie qui était lui-même auparavant aux commandes de l’association. Le principe était de fournir des fonds aux gens en difficulté avant de trouver une solution plus pérenne. Mais les banques n’ont pas suivi… » Décidément, Tapie n’a jamais eu de chances avec les banques. Cette fois-ci, il pourrait carrément se passer d’elles en donnant une nouvelle chance financière à son association. Les banques n’ont pas voulu donner une Nouvelle Chance à « Nanard »

  • Une équipe cycliste comme la Sky : 20 millions d’euros

Il a réussi à convaincre Greg Lemond et Bernard Hinault de franchir le sommet de l’Alpe d’Huez main dans la main. Avant de s’intéresser au football, Bernard Tapie a surtout dynamité le secteur du cyclisme dans les années 1980 avec son équipe La Vie claire. A l’époque, il n’avait pas hésité à mettre un million de dollars sur la table pour enrôler Lemond.

Trente ans plus tard, l’ancien homme d’affaires aurait largement les moyens de se payer une nouvelle équipe. Il faut compter entre 3 et 14 millions d’euros par an pour s’offrir une équipe française. Mais Bernard Tapie aurait forcément de l’ambition. La Sky de Chris Froome n’est qu’à 20 millions d’euros. De quoi repartir pour un ou deux Tours… Bernard n’est pas très casquette… AFP