Le procureur de Paris, Francois Molins, le 21 avril
Le procureur de Paris, Francois Molins, le 21 avril - STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Comme les tenues sombres du RAID et les casques du GIGN, la mine grave de François Molins s’est imposée, depuis quatre ans, à chaque attentat ou tuerie perpétré en France depuis sa nomination, le 23 novembre 2011, au poste de procureur de la République de Paris. Sa parole, relativement rare dans les médias, a pris une dimension particulière depuis les attaques de Mohamed Merah en mars 2012.

« Professionnel et bon communiquant »

A 62 ans, le magistrat originaire des Pyrénées-Orientales, qui a conservé son léger accent, a dû gérer pas moins de quatre attaques majeures depuis sa prise de fonction au parquet de Paris. En mars 2012, les tueries perpétrées par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban assoient François Molins dans un rôle de « super-proc » qui ne le quittera plus. Sa diction claire et son sens du détail sont salués lors de ses interventions.

« Droit dans ses bottes », « carré », « parfois colérique », Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny, où Molins a été procureur pendant près de cinq ans, loue le professionnalisme du magistrat. Des qualités que lui reconnaissait également, à l’époque, un ancien greffier interrogé par l’AFP le décrivant comme un « grand procureur, proche de ses troupes, ayant une grande maîtrise de la procédure pénale ».

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Au-delà de sa fonction propre, c’est sa capacité à communiquer dans des situations de crise qui dénote au sein de l’institution judiciaire, traditionnellement peu friande de l’exercice médiatique. « Il fait partie d’une génération qui a compris l’importance de communiquer et de professionnaliser sa communication. On le voit aujourd’hui dans le cadre des attentats de Paris, il communique vite et bien », analyse Jean-Pierre Rosenczveig. La preuve en est, depuis la nuit du vendredi 13 novembre, internautes, journalistes, et fait plus rare, avocats, saluent le travail du procureur.

Une arrivée vivement critiquée

Son arrivée à la tête du parquet en 2011 avait pourtant été décriée. Directeur de cabinet du ministre de la Justice entre 2009 et 2011, sous Michèle Alliot-Marie puis Michel Mercier, ses accointances avec le gouvernement en place lui sont reprochées. A l’époque, Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste et président de l’Association française des magistrats instructeurs (AFMI), s’inquiète de la nomination de Molins : « Ce procureur, quoi qu’il fera, sera "politisé" d’emblée, toutes ses décisions seront forcément entachées de suspicion ».

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Pas de quoi déstabiliser l’ancien procureur de la République de Montbrison, de Villefranche-sur-Saône et d’Angers qui réagissait alors auprès l’AFP : « La polémique, c’est peut-être tout simplement le signe tangible de toutes les tensions qu’il y a autour de la justice (…) Ensuite, lorsqu’on accède à des postes comme celui-là, je pense qu’il faut faire ses preuves comme magistrat, comme chef de parquet… ». A en croire observateurs et collaborateurs, c’est chose faite.

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