Attentats à Paris: De Saint-Denis au Bataclan, la galaxie des terroristes qui ont frappé la France

PORTRAITS « 20 Minutes » a compilé toutes les informations sur les terroristes et leurs proches qui menacent l’Hexagone depuis le vendredi 13 novembre…

Vincent Vantighem

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Les terroristes qui ont mené les attentats le 13 novembre à Paris.

Les terroristes qui ont mené les attentats le 13 novembre à Paris. — SIPA/AFP

« Tout sera fait pour déterminer qui est qui ! » Procureur de la République de Paris, François Molins n’a pas caché que la principale tâche des enquêteurs reste bien de mettre des noms et des visages sur les terroristes qui ont frappé Paris le 13 novembre et, surtout, ceux qui pourraient à nouveau ensanglanter la France. 20 Minutes dresse les portraits des protagonistes connus à ce jour de cette vague d’attentats…

Cet article sera mis à jour régulièrement dès l’apparition de nouvelles informations.

LES SUSPECTS RECHERCHES

  • Salah Abdeslam, l’homme le plus recherché d’Europe

Identité confirmée. Statut : en fuite.

Il a loué des voitures et des logements qui ont servi à préparer les attentats. Le soir des attaques, le frère de Brahim se rend dans le 18e arrondissement de Paris comme son téléphone l’indique. Devait-il frapper à cet endroit ? Le communiqué de revendication de Daesh évoque un attentat dans cet arrondissement qui n’a jamais eu lieu. Salah Abdeslam a peut-être pris peur. La localisation de son téléphone a aussi établi qu'il s'était rendu à Montrouge (Hauts-de-Seine) le soir des attentats. La ville où une ceinture d'explosifs a justement été découverte dans une poubelle. Visé par un mandat d'arrêt international, il est en fuite depuis le 14 novembre. 

>> Enquête : Salah Abdeslam va-t-il être visé par Daesh pour s’être dégonflé ?

  • Mohamed Abrini, le second couteau ?

Identité confirmée. Statut : en fuite

Fiché pour radicalisation en Belgique, Mohamed Abrini a été aperçu en France avec Salah Abdeslam à bord d’une Clio les 11 et 12 novembre, juste avant les attentats. Depuis, ce Belgo-marocain de 30 ans est recherché par les autorités. « Je suis sûre qu’il n’a rien à voir avec tout ça », a assuré sa sœur lors d’une interview.

Condamné pour des faits de droit commun, il aurait, selon certaines sources, séjourné en Syrie. iTELE a aussi expliqué qu’il était « féru d’explosifs » accréditant l’hypothèse qu’il soit l’artificier du groupe. Mais cela n’a pas été confirmé.

>> Portrait : Que sait-on de Mohamed Abrini, le complice présumé ?

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LE COMMANDO DE L’ASSAUT DE SAINT-DENIS

Mercredi 18 novembre. 4h30 - 11h30.
Bilan provisoire : Neuf suspects interpellés, sept relâchés.
Trois morts, cinq policiers légèrement blessés.

Lieu : Rue du Corbillon et boulevard Carnot, Saint-Denis.

Devant l’immeuble de la rue du Corbillon à Saint-Denis, le 18 novembre. - ERIC FEFERBERG/AFP
  • Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé​

Identité confirmée. Statut : décédé.

Considéré comme l’organisateur présumé des attentats du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud était « la cible » de l’assaut de Saint-Denis. C’est après avoir reçu un « renseignement » sur sa présence à Saint-Denis que le Raid déclenche l’assaut sur l’appartement de la rue du Corbillon. Son corps « criblé d’impacts » est identifié, jeudi 19 novembre. Surnommé « le boucher de Raqqa », ce Belgo-Marocain de 28 ans faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

>> Portrait : Qui est le Abdelhamid Abaaoud, « le boucher de Raqqa » ?

  • Hasna Aitboulahcen, la cousine d’Abaaoud

Identité confirmée. Statut : décédée

Elle se présentait comme la cousine d’Abdelhamid Abaaoud. Le parquet a confirmé, vendredi 20 novembre, que l’un des corps découverts dans les décombres correspond à Hasna Aitboulahcen. C’est en plaçant sur écoute cette femme de 26 ans que les enquêteurs ont remonté la trace du commanditaire présumé. Ils l’ont notamment suivie jusqu’à une zone industrielle d’Aubervilliers où elle aurait récupéré le commanditaire présumé et un de ses complices cachés dans un buisson.

>> Portrait : Hasna, « cow-girl » des quartiers ou kamikaze ?

  • Non identifié, le kamikaze

  • Identité recherchée. Statut : décédé


Deux semaines après, les enquêteurs ne sont toujours pas parvenus à identifier le troisième terroriste présumé qui a actionné une ceinture d’explosifs lors de l’assaut du Raid. Selon Le Monde, « les analyses ADN peuvent laisser penser qu’il s’agit du troisième membre du commando des terrasses » (lire ci-dessous). Mais les enquêteurs n’ont pour le moment aucune certitude sur ce point.

>> Saint-Denis : « L’Etat nous a abandonnés », dénoncent les voisins

  • Jawad Bendaoud, le logeur​

Identité confirmée. Statut : En détention provisoire

« On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service ! » Scène surréaliste quand Jawad Bendaoud réagit à l’opération du Raid et révèle aux journalistes que les terroristes interpellés logeaient dans son appartement, rue du Corbillon. Déjà condamné pour « coups mortels » en 2008, il a été mis en examen et placé en détention provisoire. « Il a pris part [à une entreprise terroriste] en toute connaissance de cause », a assuré le procureur.

>> Justice : Jawad Bendaoud déjà condamné pour « coups mortels »

  • Mohamed. S, l’intermédiaire

Identité non connue. Statut : Interpellé

Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir joué le rôle d’intermédiaire entre Hasna Aitboulahcen et Jawad Bendaoud. Mohamed S., un homme de 25 ans, a été interpellé, mardi 1er décembre dans les Hauts-de-Seine pour son rôle présumé dans les attaques terroristes de Paris, selon une source policière. Les enquêteurs vont devoir déterminer s’il était bien en contact avec les équipes de kamikazes.

>> Justice : Un proche de Jawad le logeur placé en garde à vue

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LE COMMANDO DU BATACLAN

Vendredi 13 novembre. 21h40 - 1h.
Bilan provisoire : 89 spectateurs tués, trois terroristes morts.
Lieu : Boulevard Voltaire, Paris.

Des passants se recueillent devant le Bataclan, le 16 novembre. - LAURENT VU/SIPA
  • Samy Amimour, le djihadiste déjà connu des services

Identité confirmée. Statut : décédé

Ancien chauffeur de bus à la RATP, Samy Amimour n’était pas un inconnu des services de police. Originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis), il avait été mis en examen en 2012 pour un projet de départ avorté vers le Yémen. Après avoir découvert sa fuite en Syrie, les autorités avaient émis un mandat d’arrêt international à son encontre.

Cela n’a pas empêché cet homme de 28 ans de rentrer en France pour participer au carnage dans la salle de concerts. Jean-Christophe Lagarde, le maire (UDI) de Drancy a confié à 20 Minutes qu’il s’était radicalisé dans une mosquée du Blanc-Mesnil, cité Casanova.

>> Portrait : De Drancy au Bataclan en passant par la Syrie

  • Ismaël Omar Mostefaï, l’ancien délinquant devenu terroriste

Identité confirmée. Statut : décédé

C’est en découvrant un doigt sectionné dans l’enchevêtrement de corps du Bataclan que les enquêteurs ont identifié ce Français de 29 ans comme l’un des kamikazes. Installé à Chartres (Eure-et-Loir), cet homme avait été condamné à huit reprises entre 2004 et 2010 pour des faits de droit commun (outrages, conduite sans permis…) « Il faisait l’objet d’une fiche "S" (Sûreté de l’Etat) pour des faits de radicalisation, a expliqué François Molins, le procureur. Mais n’avait jamais été impliqué dans une filière ou un projet terroriste. »

Selon Le journal du Centre, il se serait radicalisé dans une mosquée située à Lucé, à proximité de Chartres, auprès d’un prosélyte marocain venu de Belgique.

>> Portrait : Mostefaï, le délinquant devenu djihadiste

  • Foued Mohamed-Agad, le djihadiste strasbourgeois

Identité confirmée. Statut : décédé

Il aura fallu presque un mois. Finalement, les enquêteurs sont parvenus à identifier le troisième kamikaze ayant agi au Bataclan. Il s'agit de Foued Mohamed-Agad. Originaire du quartier de la Meynau à Strasbourg (Bas-Rhin), il avait rejoint la Syrie en décembre 2013 avec un groupe d'une dizaine de jeunes radicalisés. Deux sont morts dans les rangs de Daesh. Les autres sont rentrés en France et ont été incarcérés. Tous sauf un...

>> Portrait : Le dernier terroriste du Bataclan identifié


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LE COMMANDO DU STADE DE FRANCE

Vendredi 13 novembre. 21h20 - 21h53.
Bilan : 4 morts dont trois terroristes.
Lieu : Abords du Stade de France, Saint-Denis.

La foule a envahi le Stade de France à la fin du match, le 13 novembre. - FRANCK FIFE/AFP
  • Bilal Hadfi, le plus jeune des djihadistes

Identité confirmée. Statut : décédé

Bien connu des services belges, Bilal Hadfi est l’un des hommes qui s’est fait exploser à proximité du Stade de France. Son identité a été révélée par le Washington Post, dès le dimanche 15 novembre.

Né en 1995, il a séjourné en Syrie après avoir étudié dans le secteur de l’électricité en Belgique. Sa mère a avoué n’avoir pas compris qu’il se préparait à rejoindre les rangs de Daesh.

>> Témoignage : « Il allait exploser d’un jour à l’autre », raconte sa mère

  • Non identifié, l’un des kamikazes

Identité recherchée. Statut : décédé

La photo est bonne. Mais le nom d’Ahmad al-Mohammad, retrouvé sur un passeport, ne correspond pas à l’homme qui, le premier, a actionné sa ceinture d’explosifs devant le stade de France, tuant un passant. Cet homme aurait en réalité usurpé l’identité d’un soldat syrien d'Assad mort il y a plusieurs mois. C’est sous cette fausse identité qu'il aurait rejoint l’Europe dans un groupe de réfugiés politiques, allant jusqu’à se faire enregistrer comme tel sur l’île de Leros en Grèce.

>> Enquête : Imbroglio autour du passeport syrien retrouvé sur un kamikaze

  • Non identifié, l’un des kamikazes

Identité recherchée. Statut : décédé

La police nationale a lancé un appel à témoins le 22 novembre pour tenter d’identifier le troisième kamikaze à avoir actionné sa ceinture d’explosifs, rue Jules-Rimet, à proximité de la porte H du stade de France. Seule certitude, il s’est fait enregistrer le 3 octobre 2015 comme réfugié sur l’île grecque de Leros avec le kamikaze ci-dessus. A ce moment-là, il a présenté un passeport syrien au nom de Mohammad Al-Mahmoud. Comme Ahmad al-Mohammad, il s’agit d’une fausse identité.

>> Enquête : La police lance un appel à témoins

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LE COMMANDO DES TERRASSES (10e et 11e arrondissements)

Vendredi 13 novembre. 21h25 - 21h40.
Bilan : 40 personnes tuées. Un terroriste mort.
Lieu : Terrasses 
des 10e et 11e arrondissements.

Le Carillon et le Petit Cambodge ont été pris pour cibles, le 13 novembre - V. Point/20 Minutes
  • Brahim Abdeslam, kamikaze

Identité confirmée. Statut : décédé

Son bar sentait les « substances hallucinogènes prohibées ». Les autorités belges ont donc ordonné, fin août, la fermeture des Béguines situé à Molenbeek. Trois mois après, Brahim Abdeslam a actionné sa ceinture d’explosifs à la terrasse d’un autre bistrot. L’explosion au Comptoir Voltaire a fait une quinzaine de blessés. Mais avant, Brahim avait, selon les premiers éléments de l’enquête, mitraillé de nombreux passants. Ses empreintes ont été retrouvées sur une kalachnikov dans la Seat Leon noire, découverte à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

>> Portraits : Les Abdeslam, experts de la dissimulation

  • Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire

Identité non confirmée. Statut : décédé


Les enquêteurs ont mis en évidence ses empreintes sur une arme ainsi que sur une lampe frontale découverte dans la Seat Leon noire retrouvée à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Tout indique qu’Abdelhamid Abaaoud a pris part aux fusillades qui ont visé les terrasses des 10e et 11e arrondissements de Paris. Mais les enquêteurs ne peuvent l’assurer avec certitude. « Le boucher de Raqqa » est finalement mort, mercredi 18 novembre, dans l’assaut de Saint-Denis.

>> Enquête : Abaaoud filmé dans le métro le soir des attaques

 
  • Non identifié, le kamikaze de Saint-Denis ?

​Identité non confirmée. Statut : inconnu

François Molins, le procureur, a assuré que le « commando des terrasses » était composé de trois hommes. Ce troisième homme aurait-il réussi à prendre la fuite, comme Salah Abdeslam ? Les enquêteurs pensent plutôt que cet homme est celui qui a actionné sa ceinture d’explosifs, cinq jours plus tard, lors de l’assaut de Saint-Denis. Selon Le Monde, « les analyses ADN peuvent laisser penser qu’il s’agit du troisième membre du commando des terrasses ».

>> Portrait : Molins, un procureur au cœur de l’horreur

 

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LA CELLULE DE MOLENBEEK

Lieu : Molenbeek, banlieue de Bruxelles.

La police belge traque les complices des terroristes à Molenbeek, le 16 novembre. - JOHN THYS/AFP
  • Mohamed Amri, l’artificier ?

Identité confirmée. Statut : interpellé et inculpé

Il vivait depuis trois ans à Molenbeek. Mohamed Amri, 27 ans, est l’un des deux hommes qui est venu chercher, selon l’enquête, Salah Abdeslam à Paris, samedi 14 novembre au matin. Mis en examen par les autorités belges pour « attentats ayant tué 130 personnes », il est soupçonné d’être l’artificier du groupe. Chez lui, les enquêteurs ont retrouvé plusieurs composés chimiques. Mais le nitrate d’ammonium découvert n’entre pas, selon nos sources, dans la composition du TATP utilisé par les kamikazes à Paris.

>> Enquête : L’artificier était forcément en France, à un moment donné

  • Hamza Attou, le chauffeur présumé

Identité confirmée. Statut : interpellé et inculpé

« Est-ce que tu sais me dépanner, venir me chercher à Paris ? Je te paie les péages et l’essence… » Voilà ce qu’aurait demandé Salah Abdeslam quelques heures après les attentats de Paris. Présenté comme le chauffeur, Hamza Attou serait donc venu avec Mohamed Amri chercher le suspect numéro un pour le ramener en Belgique. Arrêté, Hamza Attou a été inculpé par les autorités belges. Chez lui, les enquêteurs ont trouvé des munitions de calibre 7.62. Le même qu’utilisé par les terroristes le vendredi 13 novembre.

>> Enquête : Ce que l’on sait des chauffeurs

  • Ahmed Dahmani, celui qui aurait fait du repérage

​Identité confirmée. Statut : interpellé

Inconnu des services de police français, ce Belge de 26 ans a été arrêté en Turquie le 16 novembre, alors qu’il s’apprêtait à franchir la frontière syrienne. Il est soupçonné d’avoir participé, avec Salah Abdeslam, au repérage des cibles des attentats du 13 novembre. Originaire comme la plupart des protagonistes de Molenbeek, cet homme avait d’ailleurs été contrôlé avec le suspect aujourd’hui en fuite en Grèce, le 4 août.

>> Enquête : Ahmed Dahmani arrêté juste avant de rejoindre la Syrie

 

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LES VOIX DE DAESH

Samedi 14 novembre.
Lieu : Syrie ?

Des djihadistes à Raqqa, en Syrie, en janvier 2014 (photo vérifiée). - Uncredited/AP/SIPA
  • Fabien Clain, l’homme qui revendique

Identité confirmée. Statut : En Syrie ?

En 2013, Fabien Clain confiait à 20 Minutes son souhait de « retrouver une vie tranquille »… Mardi 17 novembre, les autorités françaises l’ont identifié comme étant la voix qui revendiquait les attentats de Paris dans le communiqué de Daesh.

Condamné à cinq ans de prison en 2009, cet homme de 35 ans qui avait des liens avec Mohamed Mérah via la filière d’Artigat (Ariège) est parvenu à faire lever son interdiction de sortie du territoire pour se rendre en Syrie. « Je suis effondré », confie un de ses proches.

>> Enquête : Comment Fabien Clain s’est retrouvé en Syrie

  • Jean-Michel Clain, le chanteur

Identité confirmée. Statut : En Syrie ?

Avant que son frère ne revendique les attentats du 13 novembre, un chant résonne. La voix serait, selon Le Monde, celle de Jean-Michel Clain, le frère de Fabien. Du quartier de La Moufia à Saint-Denis de La Réunion à la Syrie en passant par la filière d’Artigat, les deux trajectoires sont intimement liées, depuis le début des années 2000 où ils se sont radicalisés et ont commencé à être fichés par les services de renseignement.



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Crédits photo : Le Parisien, BFM, La Dernière Heure, SIPA, AFP, Police Nationale, Police fédérale belge