SDF: Plus de 2.000 morts chaque année en France

SANTE Parmi les personnes décédées en 2014, 88% étaient des hommes morts en moyenne à l'âge de 49 ans...

20 Minutes avec agences

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Le 06 novembre 2013. Daniel, 38 ans, SDF a Paris dans le quartier d'Haussmann.  Photo / V. Wartner / 20 Minutes

Le 06 novembre 2013. Daniel, 38 ans, SDF a Paris dans le quartier d'Haussmann. Photo / V. Wartner / 20 Minutes — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Plus de 6.000 sans domicile fixe (SDF) sont morts en France entre janvier 2008 et décembre 2010, soit plus de 2.000 par an. Cette nouvelle estimation, publiée ce mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS), est basée sur des recoupements entre les données (non exhaustives) du Collectif les morts de la rue et celles de la base nationale des causes médicales de décès du Cépi-DC Inserm.

Les auteurs de l’étude notent qu’en dépit de l’augmentation de 50 % du nombre de personnes sans domicile entre 2001 et 2012, il existe peu d’études décrivant la mortalité au sein de cette population à risque de décès prématuré.

Trente ans d’espérance de vie en moins chez les hommes

Selon le rapport du Collectif les morts de la rue, publié ce 12 novembre, les personnes décédées (498 en 2014) répertoriées étaient majoritairement des hommes (88 %), morts en moyenne à 49 ans, alors que l’âge moyen de décès des hommes dans la population générale s’établit à 79 ans. Le collectif a estimé à cette occasion n'avoir recensé qu'entre 1/5e et 1/6e des disparitions de SDF.

 

Le BEH consacré à ces populations relève notamment « un accroissement des familles ayant des enfants » au cours de la dernière décennie. Et parmi ces SDF, près d’un tiers sont des enfants, un quart des adultes travaillent, mais ont des emplois le plus souvent précaires, peu qualifiés et mal rémunérés, rappelle le bulletin.

Le nombre de familles sans logement est estimé à 10.280 en Ile-de-France, selon les premiers résultats de l’enquête EnFams 2013, consacrée exclusivement à ces familles, également publiée dans le BEH. Près de la moitié des familles étaient monoparentales, 22 % ayant au moins 3 enfants, selon l’enquête.

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Malnutrition, dépression, obésité et retard du développement

A noter que la majorité des membres de ces familles souffrait de malnutrition, avec une forte fréquence d'« insécurité alimentaire », d’anémie (50 % des mères et 38 % des enfants), de surpoids (38 % des mères et 22 % des enfants) et d’obésité (32 % des mères et 4 % des enfants). Les parents étaient majoritairement nés à l’étranger (94 %) et résidaient en France depuis 5 ans en moyenne.

Enfin, 30 % des mères souffraient de dépression et 20 % d’état de stress post-traumatique. Et, toujours selon cette enquête, 20 % des enfants présentaient des troubles de santé mentale et la majorité (80 %) avait un retard du développement.

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