VIDEO. Djihad: Des parents de Français partis en Syrie témoignent dans une campagne choc

MEDIAS Véronique, Baptiste, Saliha et Jonathan racontent leur désarroi dans des petits spots diffusés dans plusieurs médias par le gouvernement…

Vincent Vantighem

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Véronique, la maman d'un jeune parti en Syrie témoigne dans une campagne vidéo choc.

Véronique, la maman d'un jeune parti en Syrie témoigne dans une campagne vidéo choc. — Stop Djihadisme

« Il allait fêter ses 19 ans… » Face caméra, les yeux embués de larmes, Saliha raconte la trajectoire de Sabri, son fils, parti en Syrie en 2013. Comme d’autres parents, cette maman a accepté de témoigner dans une campagne vidéo, lancée ce mercredi par le gouvernement, pour expliquer que « cela n’arrive pas qu’aux autres ».

« Un jour, mon mari était parti se promener, explique Saliha. Il reçoit un appel de Syrie. Il se dit alors qu’il va entendre la voix de Sabri. Mais non, c’était un Syrien qui voulait le félicitait car notre fils était tombé en martyr… Quand on vous annonce sa mort, on donne son nom de combattant. C’est comme si vous n’étiez même plus parent… »

Le numéro vert mis en avant

Cette difficulté pour tous ces parents à perdre la chair de leur chair transparaît dans chacun de ses films promus par le gouvernement et produits par Fabienne Servan-Schreiber. Le but est de « produire un contre discours », précise ainsi Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur. Chaque spot renvoie ainsi sur le numéro vert mis en place par les autorités pour signaler les cas de radicalisation (0.800.005.696) et le message « Vous n’êtes pas seul ».

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Véronique a composé le numéro il y a un peu plus d’un an. Son fils, Guillaume* – dont 20 Minutes avait brossé le portrait en mars 2015 – n’est toujours pas rentré de la zone de conflits où il est parti « aider les gens ». Véronique a également accepté de témoigner dans un de ces spots vidéo.

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« On passe un week-end magnifique. On fait des crêpes. C’est la fête. La famille est là. Le lendemain, il part en Allemagne et on ne le revoit plus. Il est en Syrie… Moi je voulais le prendre dans mes bras. Mais je ne peux plus… »

« Mais putain ! Ouvre les yeux ! »

Et puis, il y a Jonathan. C’est de sa sœur, Sarah, dont parle ce jeune homme qui, lui, apparaît en colère. « Quand elle m’a dit ‘Je suis en Syrie’, je l’ai pris en pleine gueule. Depuis un an, c’est le même discours. Elle nous dit qu’il ne faut pas s’inquiéter. Et surtout qu’il faut qu’on vienne à notre tour, que c’est le paradis là-bas. J’ai envie de la secouer. De lui dire ‘Mais putain ! Ouvre les yeux !' »


Plus d’une vingtaine de médias et sites internet vont diffuser ces spots gratuitement pour mettre en avant le site de prévention stop-djihadisme et le numéro vert. Depuis sa création, cette plateforme a enregistré plus de 3.000 signalements, dont 23 % concernent des mineurs parmi lesquels une majorité de jeunes filles.

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Le 15 septembre, à l’Assemblée nationale, Manuel Valls, le Premier ministre, a indiqué que 491 Français étaient actuellement dans les zones de conflit irako-syriennes. Surtout, 133 Français ont déjà perdu la vie là-bas.

* Le prénom a été changé

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