Grenoble (illustration).
Grenoble (illustration). - P. Fayolle / Sipa

L’agglomération grenobloise lève le pied. Quarante-trois de ses 49 communes vont généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h sur leur territoire d’ici à l’été 2016, en ne gardant que quelques axes à 50 km/h, a annoncé ce mardi Grenoble Alpes Métropole.

« La logique, c’est d’inverser la logique. Dans nos villes et nos villages, la vitesse sera limitée à 30 km/h et par exception, certains axes seront à 50 km/h », a indiqué Yann Mongaburu, vice-président (EELV) de la métropole en charge des déplacements.

A Grenoble, 80 % des voies vont passer à 30 km/h dès le 1er janvier 2016, contre seulement 25 % aujourd’hui, a annoncé la commune.

« Nous allons construire une ville respirable », s’est réjoui le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, dans un communiqué.

La plupart des communes, de droite comme de gauche, ont rejoint le mouvement, notamment les plus grosses d’entre elles, comme Echirolles et Saint-Martin-d’Hères, dirigées par des municipalités communistes.

« Cela va modifier les comportements : quand on roule à 50 km/h, on a des accélérations, des décélérations et des chocs beaucoup plus brutaux. Il s’agit de dire que nos voies sont partagées entre tous les usagers, y compris les piétons », a ajouté Yann Mongaburu.

Un risque de décès divisé par neuf en cas de choc

Cette généralisation des zones 30 a été rendue possible par le vote de la loi sur la transition énergétique adoptée le 22 juillet. Dans son dossier de presse, la métropole grenobloise souligne qu’à 30 km/h, le risque de décès lors d’un choc est divisé par neuf par rapport à un choc à 50 km/h.

« Un véhicule atteint rarement les 50 km/h en ville. Ces quelques pointes de vitesse augmentent la consommation, le bruit de fond et la pollution de l’air pour finalement très peu d’effets sur la vitesse moyenne et les temps de parcours », ajoute la collectivité.

La vitesse moyenne est ainsi de 18,9 km/h lorsque la vitesse est limitée à 50 km/h contre 17,3 km/h dans les zones 30, soit une différence de 18 secondes sur un trajet d’un kilomètre, selon la même source.

« La voiture n’est bien sûr pas la seule responsable de la pollution, mais adoucir la vitesse de circulation et, demain, expérimenter la circulation modulée grâce aux nouvelles pastilles en cas de pic est un début de solution », a ajouté Eric Piolle, qui prend de vitesse la Ville de Paris dans ce dossier.

En mai, la capitale avait annoncé la mise en place de 30 % de zones 30 dans la capitale d’ici à la fin de l’année, contre 20 % en début d’année. Anne Hidalgo, maire PS de Paris, s’est engagée à généraliser les zones à 30 km/h d’ici à 2020.

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