Le suicide d’une ancienne adepte de la Scientologie bientôt classé sans suite par la justice française ?

JUSTICE Les Anonymous ont piraté plusieurs sites Internet de la Scientologie pour alerter l’opinion publique sur le cas de Gloria Lopez…

V.V. avec AFP

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La façade du siège de l'église de Scientologie à Paris le 8 février 2010

La façade du siège de l'église de Scientologie à Paris le 8 février 2010 — Loic Venance AFP

« Il est temps de payer ! » En piratant plusieurs sites liés à la scientologie, dimanche 23 août, les Anonymous voulaient surtout alerter l’opinion publique sur le cas de Gloria Lopez. Cette ancienne adepte de l’Eglise de scientologie s’est suicidée, en 2006, en se laissant percuter par un train en gare de Colombes (Hauts-de-Seine). Dans sa poche, les enquêteurs ont retrouvé la profession de foi de Ron Hubbard, le fondateur de l’Eglise. Chez elle, des documents où elle explique que le mouvement l’a détruite « moralement et financièrement ».

Au cœur du problème : les sommes faramineuses payées à l’organisation, pour qui elle a quitté amis, maison et travail en Normandie pour Paris. Quelque 260.000 euros de cours et livres pour progresser dans les « Operating Thetan », les niveaux de connaissance scientologues.

Trois scientologues exfiltrés discrètement ?

Seulement voilà, selon une dépêche de l’Agence France Presse publiée début août, la justice s’apprête pourtant à classer l’enquête sans suite, faute d’avoir pu établir les responsabilités de l’Eglise dans ce suicide. « Des éléments de vérification judiciaire et policière n’ont pas pu être faits », regrette une source proche du dossier. « Les écrits personnels ne sont pas suffisants. On n’a pas réussi à établir clairement son état de sujétion psychologique (ni) le niveau de responsabilité » de l’organisation.

Les enquêteurs n’ont notamment pas pu retrouver trois scientologues qui auraient laissé Gloria Lopez sombrer, selon ses enfants. « Ils auraient été exfiltrés à l’étranger très discrètement pour éviter d’avoir à répondre aux questions de la justice », souffle une source judiciaire. Selon sa page Facebook, l’une d’entre elles serait même à bord du « Freewinds », le navire abritant le gotha scientologue qui croise actuellement en mer des Caraïbes. Evoquant un « drame familial », Eric Roux, le porte-parole de la Scientologie en France n’a pas voulu commenter cette affaire.