Maternelle: La réforme des programmes en six points

EDUCATION L'apprentissage des élèves sera plus progressif...

Delphine Bancaud

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Issy-les-Moulineaux, le 2 octobre 2014, une classe de maternelle.

Issy-les-Moulineaux, le 2 octobre 2014, une classe de maternelle. — O. Gabriel / 20 Minutes

A cette rentrée, l’école change pour les plus petits. Des nouveaux programmes de l’école maternelle vont entrer en vigueur. 20 minutes décrypte ce qui va vraiment changer dans les classes.

Une meilleure adaptation au développement des enfants

Les précédents programmes de 2008 étaient accusés de « primariser » l’école maternelle par un rapport de l’inspection générale de 2011. Car ils accordaient une trop grande place à la préparation de la lecture et de l’écriture au détriment d’autres acquisitions. Par ailleurs, ils ne donnaient que très peu d’objectifs pour la petite et moyenne section. « Au final, ils laissaient sur le chemin les enfants les plus fragiles et les plus jeunes », estime Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. Avec ces nouveaux programmes, l’école maternelle va retrouver sa vocation : « elle ne sera ni une garderie, ni un petit CP », souligne-t-il. « La maternelle mettra l’accent sur la socialisation de l’enfant : l’apprentissage de règles, la capacité à répondre à des consignes et à supporter des contraintes… », explique Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes. Une plus grande attention sera aussi accordée à la progressivité des apprentissages.

L’apprentissage du langage renforcé

Les précédents programmes insistaient beaucoup sur la pré-lecture et la pré-écriture. Désormais, toutes les formes d’utilisation du langage seront exploitées. Les enseignants liront davantage d’histoires en classe et stimuleront l’expression orale des enfants. « Car les enfants apprennent beaucoup en écoutant des récits et en racontant ce qu’ils ont compris », observe Michel Lussault.

Les enseignants vont aussi s’assurer de leur bonne compréhension du vocabulaire en multipliant les échanges avec eux. « En grande section, on leur apprendra à former des lettres et à identifier les relations entre les sons et les lettres, sans aller trop loin », explique Michel Lussault. Seul bémol selon Sébastien Sihr : « une classe de maternelle sur deux comptant plus de 25 élèves, les enseignants ne pourront pas encourager tous les petits parleurs ».

Une meilleure initiation aux mathématiques

« Les anciens programmes mettaient l’accent sur la comptine numérique, mais certains enfants ne comprenaient pas qu’un nombre correspondait à une quantité », indique Sébastien Sihr. Les nouveaux programmes vont leur inculquer les bases de la numérotation et leur apprendre à bien repérer les quantités. Et ce en valorisant différentes modalités d’apprentissage (résolution de problèmes, entraînements, mémorisation, jeu).

Renforcer l’activité physique

Les nouveaux programmes recommandent 30 à 40 minutes d’activité physique quotidienne pour les élèves de maternelle. « Une manière pour eux de mieux connaitre leur corps, de développer leur motricité fine, et leur donner des rapports spatio-temporels », explique Michel Lussault. Les activités en salle de motricité avec des ballons, des cerceaux, des poutres, des échelles seront donc multipliées.

Davantage d’activités artistiques

Dessin, peinture, modelage, chants… Différentes activités artistiques vont être développées pour faire découvrir aux enfants des formes d’expression différentes. « Cela va permettre de développer leur motricité fine, de stimuler leur oreille et leur mémoire, ce qui leur sera très utile dans la suite de leur scolarité », explique Sébastien Sihr.

Une autre évaluation des élèves

« Les programmes précédents mettaient une pression évaluative sur les enfants, dont les acquis étaient trop souvent passés au crible », souligne Sébastien Sihr. « Désormais l’évaluation passera d’abord par l’observation des enfants au quotidien, qui seront davantage accompagnés dans leurs difficultés par les enseignants », note Michel Lussault. Reste que selon Sébastien Sihr, ces nouvelles approches pédagogiques impliquent que les enseignants y soient formés. « Or, en mai 2015, seuls quatre départements avaient mis en place des stages de formation continue dédiés aux nouveaux programmes », s’alarme-t-il.