Attaque dans un Thalys: Le comportement des agents de train crée la polémique

ATTAQUE Jean-Hugues Anglade accuse le personnel d’avoir « abandonné » les passagers…

T.L.G.

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Jean-Hugues Anglade.

Jean-Hugues Anglade. — LOIC VENANCE / AFP

Polémique après l’attaque au sein d’un train Thalys vendredi soir. Jean-Hugues Anglade, qui se trouvait dans la voiture de queue avec sa famille, accuse les agents ferroviaires d’avoir « abandonné » les passagers.

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« Nous criions pour que le personnel nous laisse entrer »

« Tout à coup, des membres du personnel navigant ont couru dans le couloir, le dos courbé. Leurs visages étaient blêmes. Ils se dirigeaient vers la motrice, leur wagon de travail. Ils l’ont ouvert avec une clef spéciale, puis se sont enfermés à l’intérieur… », a expliqué l’acteur français à Paris Match, ajoutant. « Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la motrice. Nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions "Ouvrez" On voulait qu’ils réagissent ! En vain… Personne nous a répondu. Silence radio ».

Jean-Hugues Anglade a ensuite donné plus de précisions dans les colonnes du Figaro. « Nous avons été totalement laissés à l’abandon. […] Il y avait deux wagons : celui qui était attenant à la motrice, le premier du TGV et le second où s’est déroulée la fusillade. Dans le nôtre, dès que nous avons vu des gens affluer en criant « he’s shooting, he’s shooting, he’s shooting people… », tout le monde a essayé de se réfugier à l’extrémité du wagon qui se trouve être collé à la motrice dont la porte était fermée. Nous serions rentrés si nous avions eu la clef ».

« Là où se passait le drame, il n’y avait plus personne »

« Je n’accuse personne, mais nous avons été abandonnés. Là où se passait le drame, il n’y avait plus personne, les gens étaient partis en courant se réfugier dans la cabine du pilote. Nous, nous sommes restés à l’extérieur sans savoir ce qui se passait, sans recevoir un message ».

« Le personnel navigant est supposé vous encadrer. Il doit le faire dans tous les cas de figure. Nous-mêmes, nous le respectons en tant que tel. A partir du moment où l’on voit des gens courir, pliés en deux, pour échapper aux balles, ne pas prévenir qu’il y a un tireur fou ou même nous dire de nous mettre à plat ventre, ce n’est pas normal ».

La procédure a été respectée, répond Thalys

Thalys dément. La directrice Agnès Ogier a indiqué que la procédure avait été respectée, les agents ayant d’abord alerté le conducteur avant d’arrêter le train. « Un agent a senti une balle le frôler. Il est parti, avec cinq ou six voyageurs, se réfugier dans le "fourgon", un espace en bout de rame, dans lequel peuvent être rangés des bagages, et qui s’ouvre avec une clé spéciale ».

De là, il « a tiré le signal d’alarme qui se trouve dans le fourgon (…). Puis, lorsque le train s’est arrêté, il est sorti pour aller alerter la rame de tête et le conducteur », a-t-elle continué. Pendant ce temps, le second agent aurait alerté également le conducteur, via le téléphone du train. Lorsque le train s’est arrêté, l’agresseur avait été maîtrisé par des passagers. Il a alors redémarré, et a été dérouté vers Arras, où l’homme a été interpellé. « Le deuxième "train manager" a fait le tour de la rame pour aller voir les passagers », a ajouté Agnès Ogier.

Le président de la SNCF a annoncé samedi qu’il allait rencontrer dans les jours prochains l’acteur. « La vérité de M. Anglade n’est peut-être pas la seule », a commenté Guillaume Pepy. Une enquête interne à la SNCF, qui contrôle la compagnie Thalys, doit permettre de recueillir les témoignages des passagers et du personnel. « Si jamais il y a eu des manquements individuels, l’enquête le dira et ses résultats seront connus ».