Le gouvernement veut accueillir davantage de patients étrangers en France

SANTE Il en espère des retombées économiques...

N.Beu. avec AFP

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La ministre de la Santé Marisol Touraine, lors d'une conférence de presse à Paris le 20 juillet 2015

La ministre de la Santé Marisol Touraine, lors d'une conférence de presse à Paris le 20 juillet 2015 — THOMAS SAMSON AFP

Les ministres Marisol Touraine (Santé) et Laurent Fabius (Affaires étrangères) ont annoncé vendredi des mesures visant à développer l’accueil de patients étrangers en France, un marché prometteur en termes de retombées économiques et de créations d’emploi.

Ces mesures devant être mises en œuvre « d’ici la fin de l’année » comportent notamment des allégements administratifs pour l’accueil de médecins et de patients étrangers, et la création d’une brochure et d’un portail internet présentant à ces derniers l’offre de soins française, ont précisé les deux ministres dans un communiqué. Un rapport de l’économiste Jean de Kervasdoué, rendu public en février, avait évalué à deux milliards d’euros le chiffre d’affaires qui pourrait être généré en cinq ans par le développement de ce marché, avec la création de 25.000 à 30.000 emplois à la clé.

Des frais non recouvrés

Israël, la Turquie ou encore l’Allemagne se sont lancés dans le développement du tourisme médical, mais l’amorce d’un virage similaire en France fait face à des freins culturels, en particulier à l’hôpital public, soulignait ce rapport. Son auteur faisait plusieurs recommandations destinées à valoriser les atouts de la France dans ce domaine. Les mesures annoncées à l’issue d’une réunion de travail ayant eu lieu jeudi visent à « renforcer la visibilité internationale de notre offre de soins » et à mettre en place « des procédures d’admission adaptées à la patientèle étrangère, dans le respect du principe d’égal accès aux soins », soulignent Touraine et Fabius dans leur communiqué.

Parmi les allégements administratifs, la durée maximale des stages d’observation de médecins étrangers sera portée d’un à trois mois. Les conditions et modalités d’accueil des médecins étrangers en formation spécialisée en France (« fellowship ») feront l’objet d’une « refonte ». Un « compte spécifique de recettes » sera créé au 1er janvier 2016 pour les établissements de santé, permettant un « suivi statistique » de ces recettes, avec la « garantie d’un devis préalable et d’une facturation pour les soins programmés des patients étrangers non assurés et non couverts par un accord international ».

Un document interne de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), révélé en juillet, avait chiffré à près de 120 millions d’euros les sommes non recouvrées par les hôpitaux publics parisiens auprès de patients, français ou non, résidant à l’étranger, ou de leurs assureurs. Par ailleurs, « les besoins de développement et d’adaptation du parc hôtelier à destination des patients, français et étrangers, et de leurs familles, seront examinés par les professionnels ».

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