Plus d'une famille sur huit est monoparentale, la proportion de pères isolés augmente

SOCIETE Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères des Finances, des Affaires sociales et de l'Emploi, publiée ce mercredi...

B.D. avec AFP

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Illustration d'une famille pêchant dans la baie du mont Saint-Michel.

Illustration d'une famille pêchant dans la baie du mont Saint-Michel. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

 Le nombre de familles monoparentales a augmenté de 78% depuis 1990 pour atteindre 1,6 million en 2011, soit 12% des parents d'enfants mineurs comparé à 7% il y a 21 ans, selon une étude publiée ce mercredi.

La grande majorité des parents élevant seuls leurs enfants reste des femmes (85%). Mais le nombre de pères à la tête de familles monoparentales a plus que doublé en 21 ans, passant de 100.000 en 1990 à 240.000 en 2011, soit 15% (+4 points), note la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères des Finances, des Affaires sociales et de l'Emploi.

2,4 millions d'enfants mineurs vivaient dans une famille monoparentale

Cette évolution a pu être favorisée par la loi de 2002 favorisant la mise en place des résidences alternées. Les hommes sortent plus souvent que les femmes de la catégorie des familles monoparentales: sur l'année 2010, 11% se sont remis en couple contre 6% des mères isolées, et ils sont 5% à voir leurs enfants mineurs quitter leur logement, probablement pour habiter avec leur mère, contre moins de 1% dans le cas inverse.

En 2011, 2,4 millions d'enfants mineurs vivaient dans une famille monoparentale, soit 18% de l'ensemble des enfants mineurs. Cette proportion augmente avec l'âge des enfants: 10% des enfants de moins de 3 ans, 22% des 12-17 ans. Près de la moitié des parents isolés sont célibataires, un tiers sont divorcés, 15% sont mariés, et 5% seulement sont veufs.

Points communs

La catégorie des familles monoparentales recouvre une diversité de situations familiales: 130.000 parents isolés ont un conjoint qui vit dans un autre logement, avec lequel ils passent une partie de leur temps. Par ailleurs, 200.000 vivent dans le même ménage que d'autres adultes (leurs propres parents, des amis, d'autres membres de leur famille), et 190.000 n'ont jamais vécu en couple (en quasi totalité des femmes).

Ces parents isolés présentent des points communs: ils cumulent souvent des niveaux de vie plus bas, de fortes contraintes familiales et des conditions d'accès au marché de l'emploi moins favorables. Le niveau de diplôme des parents isolés a progressé moins rapidement que celui des parents en couple. En 1990, 52% des mères isolées étaient non ou peu diplômées, comparé à 48% des mères en couple. En 2012, la différence atteint 10 points (30% de mères isolées sans diplôme contre 20% de mères en couple).

Sur le marché du travail, les parents isolés cumulent à la fois des taux de chômage et d'inactivité plus élevés, et une qualité de l'emploi dégradée (temps partiel, CDD, emplois aidés). En 2012, par rapport aux parents en couple, les parents seuls sont deux fois plus souvent au chômage (16% contre 7%), notamment de longue durée (47% contre 37%). Les pères seuls sont dans des positions plus difficiles sur le marché du travail que les pères en couple, mais dans de meilleures situations que les mères isolées.

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