VIDEO. Ce que l'on sait sur l'attentat déjoué dans le sud de la France

SOCIETE Le point, jeudi matin, sur cet attentat déjoué dont a parlé François Hollande mercredi…

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Illustration de la Direction générale du renseignement intérieur - DGSI - // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES

Illustration de la Direction générale du renseignement intérieur - DGSI - // PHOTO : V. WARTNER / 20 MINUTES — VINCENT WARTNER / 20 Minutes

Quatre personnes, « dont un ancien militaire réformé de la Marine nationale », ont été interpellées lundi « en quatre points du territoire » a annoncé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve mercredi soir. Elles projetaient une « action terroriste contre des installations militaires françaises », a ajouté le ministre. Les suspects ont été ensuite placés en garde à vue dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. 20 Minutes fait le point ce jeudi matin sur ces interpellations.

Que sait-on des suspects ?

Il s’agit de quatre jeunes, âgés de 16, 17, 19 et 23 ans. Ils ont été interpellés dans les Bouches-du-Rhône, le Rhône et les Yvelines, rapporte Le Monde. La garde à vue a été levée mercredi soir pour le jeune de 16 ans, précise le quotidien. Elle continue pour les trois autres. Les suspects, qui ont reconnu l’intention du projet terroriste, ont expliqué avoir écarté le jeune de 16 ans en raison de son âge.

Le « principal instigateur » de l’attentat déjoué avait « été repéré pour son activisme sur les réseaux sociaux et dans le relationnel de djihadistes français aujourd’hui incarcérés ». Il a été « signalé » pour « ses velléités de départ en Syrie » dans les zones de djihad et avait « fait l’objet d’un entretien administratif », a déclaré mercredi le ministre de l’Intérieur. Le militaire réformé en 2013 de la Marine, Djebril A., est un ancien sémaphore au Fort Béar, rapporte M6 ce jeudi.

Quel était leur projet ?

Les jeunes suspects interpellés lundi projetaient une « action terroriste contre des installations militaires françaises », a annoncé le ministre de l’Intérieur, qui n’a pas donné de détail sur la nature de l’attentat déjoué ou le lieu visé.

Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, les suspects souhaitaient décapiter un militaire gradé et de filmer la scène avec une caméra GoPro avant de diffuser la scène sur les réseaux sociaux. L’ancien militaire interpellé aurait voulu s’attaquer à un sous-officier de la Marine, selon M6.

Le site militaire visé était le Fort Béar à Port-Vendres, rapportent iTELE et France Info. C’est un centre national d’entraînement commando situé dans les Pyrénées-Orientales, près de la frontière espagnole. Les forces spéciales s’y préparent à la guérilla urbaine.

Google map de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)
 

Quant à la date envisagée de l’attaque, il s’agit du décembre 2015 ou janvier 2016, soit environ un an après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, rapporte France Info et l’AFP.

Comment ont-ils été repérés ?

Les suspects ont été interpellés après des écoutes et de la surveillance. Selon une source proche du dossier citée par Le Monde, un renseignement « étranger » aurait signalé les intentions du groupe aux services français.

Quand la justice s’est-elle penchée sur ces suspects ?

Après plusieurs mois de surveillance, une enquête préliminaire a été ouverte dès le 23 juin par la section antiterroriste du parquet de Paris « pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme », a affirmé mercredi Bernard Cazeneuve à la presse. L’enquête a duré trois semaines et les suspects ont été interpellés lundi. Après leur garde à vue, les jeunes devraient être présentés devant un juge au plus tard vendredi, précise Le Monde.

Y a-t-il un lien avec les incendies criminels à l’Etang de Berre et le vol d’explosifs sur un site militaire à Miramas ?

Le ministre de l’Intérieur a expliqué mercredi soir qu’aucun lien ne pouvait « être établi à ce stade avec les faits qui se sont déroulés dans les Bouches-du-Rhône ».