La communauté veut mener une vie entièrement conforme à la Bible et vivre comme les chrétiens primitifs. Les gendarmes ont placé en garde à vue mardi soir dix personnes au cours d’une importante opération à Sus (Pyrénées-Atlantiques) au sein des locaux de la secte « Tabitha’s Place ». Soupçonnés de violences et de mauvais traitements sur des enfants, ces responsables de la communauté sont poursuivis entre autres pour des faits de violences sur mineur. 20 Minutes revient en détail sur cette secte déjà connue des autorités.

Origine du mouvement

La communauté « Tabitha’s Place » s’inspire du mouvement « The Twelve Tribes », né aux Etats-Unis en 1972 sous l’impulsion d’un couple de fondamentalistes protestants : Elbert Eugen Spriggs et Marsha Spriggs. Selon eux, les Etats-Unis s’éloignaient de la volonté de Dieu. Il fallait donc reconstruire les douze tribus d’Israël. La communauté est en France reconnue comme une secte par la commission parlementaire d’enquête sur les sectes. Elle est aussi connue sous le nom d’« Ordre apostolique », « Douze tribus » ou « Ruben ans Brothers ».

Implantation en France

En France, la communauté s’est installée à Sus, au château Laroque en 1983. Au début des années 1990, le groupe achète une propriété de 11 hectares à Angous, situé à 4 km de Sus. Mais après une décision de justice en 1997, douze maisons construites sans permis sur un terrain inconstructible sont détruites.

« La communauté est actuellement installée au manoir de Navarrenx, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle où elle accueille désormais des pèlerins », indique la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui dit connaître cette secte depuis de « longues années ». Outre aux Etats-Unis et en France, le mouvement est implanté aussi en Allemagne, en Espagne, en République Tchèque, au Canada, au Brésil et en Australie.

Recettes commerciales

La communauté sectaire vend des produits qu’elle fabrique sur les marchés de la région. A l’origine, son régime commercial était une association de loi 1901 baptisée « Ordre apostolique ». Puis elle s’est transformée en SARL. Les membres exploitent à Sus des terres agricoles. Les récoltes leur permettent de vivre en autarcie. Ils vendent aussi à l’extérieur ces fruits et légumes. Ils sont régulièrement soupçonnés de travail dissimulé, de fraude aux prestations sociales ou encore de blanchiment de fraude fiscale.

L’éducation des enfants

Les enfants sont levés « à 6h du matin et reçoivent un enseignement toute la matinée », rapporte la Miviludes. Ils n’ont pas le droit de jouer, les jouets étant « l’œuvre du diable ». Certains jeunes enfants sont chargés par la communauté de rapporter aux adultes les « bêtises » de leurs camarades. Les punitions sont réglementées et graduées. Le premier niveau consiste à donner « plusieurs coups de baguette d’osier » sur la paume des mains.

Si un « péché » plus important est commis, l’enfant est frappé, nu, sur les fesses avec une règle plate. La Miviludes note que ce sévice a été abandonné « car il laissait des marques ». Plutôt que sur les fesses, la communauté a préféré la plante des pieds. Les adeptes justifient ces punitions par un verset de la Bible : « La folie est liée au cœur des enfants ; le bâton qui les châtie les en éloignera ».