Expulsions de migrants: Des associations appellent à un plan d'urgence pour les demandeurs d'asile

IMMIGRATION Les associations d'aide aux migrants s'alarment du manque de moyens et de débat sur les demandeurs d'asile après l'évacuations de deux campements à Paris...

20 Minutes avec AFP

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87 migrants qui s'étaient installes sur la place rue Pajol dans le 18eme ont été expulses par la police le 8 juin 2015.

87 migrants qui s'étaient installes sur la place rue Pajol dans le 18eme ont été expulses par la police le 8 juin 2015. — SIPA

Un plan d'urgence est nécessaire pour les demandeurs d'asile, ont estimé mardi des associations d'aide aux migrants après les évacuations de campements à Paris qui ont fait la Une des médias cette semaine. «Il faut un plan d'urgence pour les demandeurs d'asile et une réponse adaptée à l'ampleur de cette crise qui n'est pas nouvelle», a estimé le président de France Terre d'Asile, Pierre Henry. L'évacuation du «sous-camp» de la Chapelle, le 2 juin, «a permis à 160 demandeurs d'asile d'être protégés de manière durable» et «à 70 personnes vulnérables d'être prises en charge par la Mairie de Paris», a affirmé Pierre Henry dans un communiqué.

Les exilés ont besoin «d'explications et d'accompagnement»

Il a toutefois souligné la longueur des procédures et la pénurie d'hébergement pour ces demandeurs, une situation «pas nouvelle» selon lui mais qui dure «depuis des années sans que cela n'émeuve véritablement beaucoup de monde». Les exilés provenant de pays en guerre «ont besoin d'explications et d'accompagnement». «On ne répond pas à ces besoins par des démonstrations de force», ni «par des slogans», souligne le communiqué, qui pointe «le manque de solidarité des politiques européennes». Or «sans solidarité, des mouvements migratoires secondaires se font jour dans toute l'Europe et provoquent errance et désordre», a souligné le responsable de France Terre d'Asile.

Le débat sur les réfugiés évité

«Les bonnes questions, il faut les poser aux budgétaires qui trouvent toujours que l'asile est trop cher alors que ce sont les réactions dans l'urgence qui sont très onéreuses» et «à certains gouvernements de pays sources de migrations», a-t-il ajouté. De son côté la Ligue des Droits de l'Homme a estimé que «le harcèlement, les mensonges, les dispersions des migrants doivent cesser». «Notre pays ne pourra continuer à éviter le nécessaire débat sur l'accueil des réfugiés et des migrants», a estimé la LDH dans un communiqué.

«Les pouvoirs publics doivent changer de politique et répudier ces opérations de "nettoyage" et de communication, au profit d'un choix digne et fraternel d'accueil des migrants et des réfugiés», selon elle. La LDH a ainsi demandé que «les personnes mises en rétention à l'issue de l'intervention de la police autour de la halle Pajol soient libérées» et «qu'une solution transitoire soit mise en place avec, par exemple, l'ouverture d'un lieu d'accueil digne».