Au sixième étage de l’hôpital Sébastopol de Reims (Marne), Vincent Lambert n’a pas conscience de toutes les réactions qu’il suscite, à nouveau, ce vendredi. Et en un sens, tant mieux… La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a autorisé, ce vendredi, la communauté médicale a arrêté les soins du jeune homme dans un coma « pauci-relationnel » depuis 2008 afin de le laisser mourir.

Les faits : La CEDH valide l’arrêt des soins de Vincent Lambert

Opposés à cette solution depuis 2013, Pierre et Viviane Lambert, ses parents, ont déjà annoncé qu’ils continueraient à contester cette décision. 20 Minutes fait le point sur toute cette affaire.

Les parents de Vincent Lambert peuvent-ils s’opposer à la décision de la CEDH ?

Il n’existe pas de recours au-delà de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Techniquement, les parents de Vincent Lambert ne disposent donc d’aucun moyen pour empêcher la communauté médicale de « laisser partir » leur fils. Pour autant, contacté par 20 Minutes, Jean Paillot, leur avocat, précise qu’ils vont « continuer à se battre » et « solliciter une nouvelle expertise collégiale » sur le cas de leur fils.

Qui va prendre la décision d’arrêter les soins ?

L’équipe médicale qui est chargée de lui à l’hôpital Sébastopol de Reims (Marne). En état de conscience minimale depuis un accident de moto en 2008, Vincent Lambert est, de fait, déjà visé par une ordonnance d’arrêt de soins rendue par le docteur Eric Kariger en mai 2013. Sauf que celui-ci a démissionné depuis et ne s’occupe plus du jeune homme.

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« La personne qui m’a succédé doit donc prendre à son tour une décision personnelle, lâche-t-il à 20 Minutes. Mais, cela devrait être plus facile car elle peut s’appuyer sur toute une série d’expertises rendues depuis et qui vont toutes dans le même sens : la situation de Vincent Lambert n’évoluera plus… »

Dans quelle situation se trouve le jeune homme ?

Comme environ 1.500 personnes en France aujourd’hui, Vincent Lambert est en état de conscience minimale. Il ne bénéficie d’aucun soin particulier. Il respire seul et sans machine mais n’interagit pas avec ceux qui l’entourent. Seules l’alimentation et l’hydratation le maintiennent en vie.

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Comment les soins vont-ils être arrêtés ?

L’équipe médicale peut décider d’arrêter de l’hydrater et de l’alimenter. Ce que déplore l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). « Il devra être sédaté, dénutri et déshydraté et il faudra attendre qu’il meure d’épuisement », la loi française ne permettant pas l’euthanasie active.

Qu’envisagent de faire ses parents ?

Pierre et Viviane Lambert veulent que leur fils continue à bénéficier de soins. Notamment en matière de rééducation et de kinésithérapie. Et ce malgré le fait que toutes les expertises médicales assurent qu’il ne peut plus récupérer. « Nous venons également de demander son transfert dans un autre centre où on s’occupera mieux de lui… », attaque Jean Paillot. « Il faut que les parents de Vincent cessent de penser qu’ils sont les seuls à avoir raison contre la Terre entière », lui répond Eric Kariger.

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