Le groupe Transdev, propriétaire d'Eurolines, a lancé ce mardi 4 juin Isilines, qui proposera, à partir du 10 juillet, 17 lignes d'autocars longue distance en France
Le groupe Transdev, propriétaire d'Eurolines, a lancé ce mardi 4 juin Isilines, qui proposera, à partir du 10 juillet, 17 lignes d'autocars longue distance en France - A. GELEBART / 20 MINUTES

Un Paris-Lyon entre 19 et 35 euros. Certes, les voyageurs devront prévoir 6h30 pour faire ce trajet, mais le tarif devrait intéresser plus d’un. C’est celui proposé par Isilines, tout nouveau service de liaisons longue distance par autocars lancé ce jeudi par Transdev. Le groupe français prévoit d’ouvrir 17 lignes entre villes françaises le 10 juillet. Paris-Bayonne, Paris-Calais via Lille, Paris-Nantes…

Tous dans les starting-blocks

Isilines aura beaucoup de concurrence. D’autres mastodontes se lancent à l’assaut du marché français. La marque anglaise Megabus se lance sur des trajets Paris-Toulouse à un prix d’appel de 1 euros. IDBus, filiale de la SNCF, devrait aussi communiquer prochainement sur son offre nationale. Même chose pour l’Allemand Flexibus, arrivé en France fin mars et qui nourrit aussi de grandes ambitions. « Depuis fin mars, nous ouvrons progressivement un réseau de huit lignes internationales au départ de Paris, rappelle Pierre Gourdain, directeur général de Flixbus France. Vers Bruxelles, Amsterdam, Hambourg, Berlin et bientôt la Suisse et le sud de l’Allemagne. Cet été, nous connecterons les villes françaises entre-elles. Nous ne donnons pas encore les destinations, mais des trajets se feront à 1 euros. »

Il ne faut pas regarder que du côté des mastodontes. Starshipper, qui rassemble des autocaristes français, se lancent aussi dans la bataille et a déjà eu l’autorisation du ministère d’ouvrir des trajets Rennes-Paris, Lyon-Paris, Nantes-Paris et Toulouse-côte Basque.

Une entrée en vigueur début juillet ?

S’ils sont tous dans les starting-block, c’est tout simplement que la libéralisation du marché des autocars est pour bientôt. C’est l’un des volets de la loi Macron pour la croissance et l’activité. Jusque-là, les compagnies d’autocars ne pouvaient pas transporter de voyageurs d’une ville française à une autre. « Sauf à les déposer dans une ville située sur le trajet d’une de nos liaisons internationales », explique Laurence Broseta, directrice générale France de Transdev. A Lille par exemple sur un trajet Paris-Londres.

La loi Macron veut changer tout ça, quitte à faire mal aux trains. Il reste encore quelques points à régler. Notamment sur une distance limite en dessous de laquelle l’ouverture d’une ligne sera soumise à l’autorisation de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires. Celle-ci devra estimer si cette ligne entre ou non en concurrence avec les trains régionaux. 100 ou 200 kms ? « Le texte part à l’assemblée pour une dernière lecture qui devrait s’achever la troisième semaine de juin, glisse Ingrid Mareschal, secrétaire générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV). On échappera difficilement à un passage devant le conseil constitutionnel, mais une entrée en vigueur début juillet reste envisageable. »

En Allemagne, 8 millions de voyageurs transportés par an

Ingrid Mareschal l’assure : « cette libéralisation va faire de l’autocar un moyen de transport à part entière en France ». Tous regardent vers l’Allemagne qui a libéralisé son marché des autocars en 2013. « Le pays est passé de quelques centaines de milliers de voyageurs transportés par an à 8 millions aujourd’hui », indique Laurence Broseta. La France patine encore aujourd’hui à 110.000 voyageurs transportés et pourrait connaître le même développement. Sur le papier, les atouts sont nombreux : les prix sont inférieurs au train, parfois même au covoiturage. Le réseau routier est plus dense que le ferroviaire et les dernières générations de cars proposent un confort grandissant. Avec du wifi, de l’espace entre les sièges et parfois de quoi acheter à boire ou à manger.

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