Capture d'écran de «Gossip», l'application d'échange de «potins» de manière anonyme.
Capture d'écran de «Gossip», l'application d'échange de «potins» de manière anonyme. - 20 Minutes/Gossip

La ministre de l'Education nationale a appelé ce mercredi à «une extrême vigilance sur la teneur des messages qui seraient mis en ligne» sur Gossip, l'application d'échange de «potins» de manière anonyme, dont l'interdiction a déjà été réclamée par plusieurs syndicats lycéens.

Dans un communiqué, Najat Vallaud-Belkacem demande également aux recteurs d'académie, avec l'aide des chefs d'établissement des lycées et collèges, de signaler aux procureurs de la République «tous propos injurieux ou diffamatoires proférés à l'encontre d'élèves ou de personnels». Selon elle, «la réouverture de cette application pourrait venir affecter un climat serein au sein des établissements».

«Système de modération plus élaboré»

Lancée il y a environ deux semaines mais suspendue par la suite, Gossip (potin en anglais) était encore inaccessible ce mercredi matin. Lorsqu'on tente de la lancer, un message prévient que «suite aux nombreuses réactions suscitées par "Gossip", nous avons pris la décision de mettre l'application hors service quelques jours, le temps de mettre en place un système de modération plus élaboré».

L'utilisateur peut y poster une rumeur via un texte de maximum 140 caractères, en identifiant la ou des personnes concernées parmi ses contacts (Facebook ou du répertoire téléphonique) ou «une preuve» (photo, vidéo). Les ragots publiés n'apparaissent que dix secondes sur la page des utilisateurs.

Climat malsain

Selon la créatrice de la plateforme, Cindy Mouly, les utilisateurs accèdent aux «potins» postés par leurs contacts, mais peuvent aussi accéder aux «ragots concernant un de [leurs] contacts mais qui sera posté par des personnes qui ne font pas partie de vos répertoires téléphoniques ni de Facebook».

Mardi, plusieurs syndicats lycéens avaient réclamé l'interdiction de Gossip, affirmant que cette plateforme a induit un climat malsain dans plusieurs établissements scolaires et qu'elle favorise le harcèlement. Najat Vallaud-Belkacem, qui déclare considérer «la lutte contre le harcèlement scolaire comme l'une des priorités», dit vouloir continuer à «prévenir des dangers du cyberharcèlement».

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