L'Education Nationale estime que plus de 500 élèves seraient radicalisés

EDUCATION Ces signalements sont effectués «par les établissements, mais aussi par les parents eux-mêmes», a délaré Najat Vallaud-Belkacem...

D.B. avec AFP

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ILLUSTRATION de collégiens

ILLUSTRATION de collégiens — DURAND FLORENCE/SIPA

Pas question de taire cette vérité même si elle dérange. Près de 550 signalements de radicalisation d'élèves ont été recensés par l'Education nationale depuis la rentrée 2014, a annoncé Najat Vallaud-Belkacem lors d'une audition par une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, a rapporté vendredi Le Figaro.

«A la mi-mars, ce sont 536 signalements de suspicion ou de faits de radicalisation qui ont été signalés depuis la rentrée de septembre 2014», a affirmé mercredi la ministre mercredi devant la commission d'enquête sur la surveillance des filières et individus jihadistes,

Ce chiffre est à mettre en regard avec les 12 millions d'élèves scolarisés en France, a insisté la ministre. Ces signalements sont effectués «par les établissements, mais aussi par les parents eux-mêmes, dans des proportions qui nous échappent puisque dans ce cas les parents contactent directement le numéro vert prévu à cet effet sans passer par l'établissement scolaire», a-t-elle précisé.

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Faire remonter les informations aux rectorats

Le numéro vert de signalement au jihad (08.00.00.56.96), créé il y a un an, a permis de recenser 1.864 personnes radicalisées, soit plus de la moitié des 3.786 cas signalés aux autorités, selon un bilan dressé fin avril par le ministère de l'Intérieur. Au sein du ministère de l'Education, des consignes spécifiques ont été passées dès avril 2014 aux rectorats pour faire remonter les informations, des personnels ont été formés et des référents nommés au sein de chaque académie.

«Un livret consacré au phénomène de la radicalisation a été diffusé dans tous les établissements », a également rappelé Najat Vallaud-Belkacem. Le livret cite les différents indices d'une possible radicalisation, «qui comprend le discours intransigeant, la marginalisation progressive, la contestation de la société, le processus d'emprise mentale proche des dérives sectaires, la rupture avec la vie antérieure, la modification de la vie sentimentale, morale, sociale de l'élève, l'allégeance inconditionnelle à une personne ou à un groupe», a détaillé la ministre.

La barre des 100 morts parmi les islamistes partis de France pour mener le jihad en Syrie et en Irak a été franchie début mai. Au total, environ 1.600 Français ou résidents français sont impliqués dans les filières jihadistes, qu'ils se trouvent en Syrie, en soient revenus ou cherchent à s'y rendre.