Montage de photos de Me Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert
Montage de photos de Me Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert - Valéry Hache , Thomas Coex , Martin Bureau AFP

Tout le monde l'affirmait: le bras de fer entre les avocats de Sarkozy et les juges d'instruction autour des écoutes de «Paul Bismuth» dans l'affaire qui vaut à Nicolas Sarkozy sa mise en examen pour corruption et trafic d'influence étaient cruciales. Et elles ont été validées ce jeudi matin. 20 Minutes vous rappelle ce que ces conversations contenaient.

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Le 30 janvier 2014, Me Herzog commente les réquisitions du parquet général de la Cour de cassation qui s'annoncent favorables à une annulation de la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy dans le dossier Bettencourt. Une nouvelle «extraordinaire» pour l'avocat, rapporte une source proche du dossier. Son client s'inquiète de savoir si la Cour suivra.

Me Herzog répond que de l'avis de Gilbert Azibert, avocat général à la Cour, l'optimisme est de mise «parce qu'il a eu accès à l'avis» du rapporteur pourtant confidentiel. Les magistrats instructeurs bordelais devraient alors expurger le dossier des mentions aux agendas, explique l'avocat: «Ce sera du boulot pour ces bâtards de Bordeaux.»

Le 1er février, Nicolas Sarkozy évoque des rumeurs de perquisition de ses locaux dans un des dossiers libyens, celui où il a porté plainte pour faux contre Mediapart. Sceptique, l'ex-chef de l'Etat demande à son avocat de prendre « contact quand même avec nos amis» afin «qu'ils soient attentifs», «On ne sait jamais». Thierry Herzog promet d'appeler un «correspondant», «parce qu'ils sont obligés de passer par lui».

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Le 5 février, Thierry Herzog explique que Gilbert Azibert est optimiste. «Moi, je le fais monter », répond Nicolas Sarkozy. Thierry Herzog évoque l'intérêt du magistrat pour un poste à Monaco. «Je l'aiderai», insiste Nicolas Sarkozy, sans détail. Selon Me Herzog, Gilbert Azibert lui aurait dit qu'il n'osait pas demander «un coup de pouce». «Je lui ai dit: "Tu rigoles avec ce que tu fais"...» dit Me Herzog.

Le 11, dans une conversation sur leurs portables non-officiels, les deux hommes conviennent de se rappeler sur la ligne officielle de Nicolas Sarkozy, qu'ils savent surveillée. L'ex-chef de l'Etat ironise sur «ces messieurs qui nous écoutent».

Le 23, alors que l'ex-chef de l'Etat doit se rendre dans la Principauté, Me Herzog lui rappelle, si l'opportunité se présente, «de dire un mot pour Gilbert». Nicolas Sarkozy acquiesce.

Gilbert Azibert est dans les favoris, mais «si tu donnes un coup de main, ce sera toujours mieux», dit le lendemain Me Herzog. Nicolas Sarkozy dit qu'il fera «la démarche» dans les deux jours.

Le 25 février, Nicolas Sarkozy répète qu'il fera «la démarche». Mais le lendemain, il explique avoir renoncé: « ça m'embête de demander quelque chose » pour quelqu'un qu'il ne connaît pas bien. Cela aurait été «un peu ridicule».

Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que les deux hommes viennent d'apprendre que leurs téléphones non officiels sont aussi sur écoute, thèse que Nicolas Sarkozy réfute.

Le 4 mars, Gilbert Azibert évoque les perquisitions qui viennent de le viser avec son épouse: «T'aurais mieux fait de pas aller discuter avec ce Sarko toi!» dit celle-ci qui lui reproche d'être allé «magouiller avec Sarkozy».

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