EXCLUSIF. 30% des Français ont plus peur de l'avion depuis le crash de l'A320 de Germanwings

SONDAGE Chez 13% des personnes interrogées, la catastrophe aérienne du 24 mars dernier a eu des répercussions sur les voyages personnels ou professionnels, selon un sondage exclusif YouGov pour «20 Minutes»... 

Laure Cometti

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À bord d'un Airbus A320.

À bord d'un Airbus A320. — Geoffrey Robinson / Rex/REX/SIPA Mots-clés : CAB

Le crash de l’Airbus A320 affrété par la compagnie Germanwings a accentué la peur de l’avion chez certains Français selon un sondage YouGov pour 20 Minutes*. Si 25% des personnes interrogées déclarent avoir peur en avion de manière générale, 29% des sondés notent que cette crainte s’est accrue après l'accident qui causé la mort de 150 personnes le 24 mars dernier dans les Alpes françaises.

Pour 12,7% des sondés, cette catastrophe aérienne a eu des répercussions sur leurs voyages personnels ou professionnels. 4,5% d’entre eux ont annulé ou reporté un vol et 5,6% affirment ne plus prévoir de se déplacer en avion.

Un impact à court terme sur nos peurs

Xavier Tytelman, responsable du Centre de traitement de la peur de l'avion, n'est guère surpris par ces chiffres qui décrivent un phénomène normal se produisant dans des proportions à peu près similaires après chaque catastrophe aérienne. «Dans un premier temps, la focalisation médiatique et les scenarii ébauchés par les divers experts peuvent accroître les peurs, tant que l’incertitude sur les causes de l’accident demeure.»

Si le temps permet d’estomper les craintes et d’apporter des réponses dans le cadre de l’enquête, « l'amygdale cérébrale (le cerveau des émotions) reste pour sa part convaincue que l'avion est dangereux », marquée plus fortement par les informations visuelles que par les explications rationnelles, qui s’adressent au cortex (le cerveau raisonné). 

Ralentissement des réservations de voyages

De fait, le secteur a accusé un ralentissement des prises de réservations après le 24 mars, relève le président du Syndicat des entreprises du tour operating (SETO). «Nous n’avons pas observé d’annulations mais plutôt des non-prises de réservation», explique René-Marc Chikli. Même son de cloche chez Opodo. «Le crash a eu peu voire pas d’impact sur notre activité», affirme Bertrand Cognard, porte-parole de la société, soulignant que le secteur pâtit davantage des troubles géopolitiques.

Le crash assombrit un contexte déjà morose pour le secteur du tourisme

Didier Arino, président du cabinet Protourisme, ne veut pas «surévaluer l’impact de cette peur, qui reste faible en termes de volume». Le contexte économique pousse en effet les Français à privilégier des destinations de proximité pour les vacances, avec une faible part de déplacement aérien.

«Pour les agences de voyage et les tour-opérateurs, c’est la multiplication des complications qui est problématique», affirme Didier Arino. De ce point de vue, il concède que le crash du vol Germanwings est venu assombrir le tableau, dans un contexte de repli du budget vacances des Français et d’instabilité au Maghreb.

Le «besoin de partir est plus fort»

Le président du SETO estime que l’impact négatif d’un accident aérien met en moyenne 3 semaines à se résorber. Il a bon espoir que le ralentissement de l'activité cesse et table pour cela sur les réservations de dernière minute, dès les ponts de mai passés. Le «besoin de partir est plus fort», conclut-il avec optimisme. Et le prix étant le principal critère de décision, les tarifs attractifs devraient faire s'envoler la peur.

Concernant les solutions pour renforcer la sécurité aérienne, les sondés privilégient le suivi médical. 80% des personnes estiment que des contrôles obligatoires et réguliers de la santé mentale de l’équipage seraient efficaces. Elles plébiscitent également à 80% une mesure obligeant les médecins à informer les employeurs de pilotes de leurs éventuels troubles psychologiques. Par ailleurs, la présence permanente de deux membres d’équipage dans le cockpit convainc 72% des personnes interrogées.

*Etude réalisée en ligne par YouGov pour 20 Minutes du 14 au 15 avril 2015 auprès de 1.013 personnes, auprès d’un échantillon représentatif de la population nationale française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Rejoignez le panel YouGov

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