Clocher d'une église, illustration.
Clocher d'une église, illustration. - Jim Kahnweiler/SUPERSTOCK/SIPA

Un attentat contre au moins une église a été évité ce dimanche, parce que le suspect, Sid Ahmed Ghlam, s’est blessé lui-même, a-t-on appris ce mercredi. A son domicile, les policiers sont tombés sur des documents qui ne laissent place à aucun doute: il visait au moins une église de Villejuif (Val-de-Marne), voire une deuxième, qu’il projetait d’attaquer à l’heure de la messe. Il aurait pu faire «un carnage», s'est inquiété Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie. 

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Une attaque déjouée, mais qui relance aujourd'hui le débat sur la protection des églises, quelque 45.000 édifices en France dont 10.000 avec des activités cultuelles, par les policiers et militaires du plan Vigipirate. «Le devoir du gouvernement est de protéger nos églises comme il le fait pour les mosquées et les synagogues», a attaqué, dans un communiqué, le secrétaire national de l'UMP chargé de la Défense Philippe Meunier. Le gouvernement «ne doit pas compter sur le seul hasard pour protéger les Français de confession chrétienne», ajoute-t-il.

«Surveiller toutes les églises de France, c’est complètement irréel»

Aujourd’hui, 850 «points sensibles» sont protégés en France, indique-t-on de source syndicale, dont 604 sont des lieux confessionnels (qui peuvent parfois être aussi des écoles). A la Défense comme à l’Intérieur, impossible toutefois d’avoir la répartition des lieux de culte, entre ceux qui sont chrétiens, musulmans ou juifs. «Les églises ne faisaient pas partie des lieux identifiés comme les plus sécurisés», confirme auprès de 20 Minutes Philippe Capon, du syndicat Unsa-Police.

«Assurer la surveillance de certaines églises, considérées comme sensibles, c’est possible. Mais surveiller toutes les églises de France, c’est impossible, complètement irréel», réagit Philippe Capon. D’autant que depuis janvier, les forces de l’ordre tournent à plein régime pour assurer le niveau le plus élevé du plan Vigipirate «et sont dans un état de fatigue généralisé». «Entre 2007 et 2013, on a perdu 13.500 policiers et gendarmes. Ils nous manquent cruellement aujourd’hui alors que la France vit des moments difficiles», insiste le syndicaliste. 

Si toutefois les autorités décidaient de surveiller plus de lieux de culte chrétiens, cela deviendrait compliqué. «Augmenter le nombre de lieux à surveiller, pour surveiller plus d’églises, cela signifie augmenter les effectifs, car on est déjà à flux tendu», indique-t-on à la Défense, qui met déjà 10.000 militaires à disposition de l'opération Sentinelle.

200 lieux de culte catholique protégés

Interrogé par 20 Minutes, l’évêque du diocèse de Créteil (Val-de-Marne), Monseigneur Michel Santier, juge qu’il ne faut «pas céder à la panique et à la peur, ce serait donner raison aux terroristes». «Les églises font déjà partie, comme tous les autres lieux de culte, des endroits dont la protection est renforcée en raison de Vigipirate.» Et d’insister: «On ne peut pas mettre un policier devant chaque église de France, il faut que la protection soit plus discrète.»

Il y a toutefois «200 lieux de culte catholique qui sont protégés», a confirmé sur RTL Monseigneur Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole de la Conférence des évêques de France, sans préciser s'il s'agit d'une surveillance renforcée ou de patrouilles. «On ne peut pas mettre un policier devant chaque lieu de culte, devant chaque lieu sensible, devant chaque école confessionnelle», a-t-il tempéré lui aussi.

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