Les secours sur le site du crash, le 24 mars 2015.
Les secours sur le site du crash, le 24 mars 2015. - Sécurité civile

De notre envoyée spéciale à Seyne (Alpes de Haute-Provence)

En secouriste aguerri, Christian l'a tout de suite compris: il n'y a pas de survivant. En survolant en hélicoptère la zone du crash de l'A320 de la Germanwings derrière le col de Mariaud, il a vu «l'avion pulvérisé, désintégré au sol». «L'avion n'a pas brûlé, il n'y avait que des morceaux et quelques flammes éparses. Je n'ai jamais vu ça», confie-t-il, choqué. Avec son équipe de la sécurité civile de Cannes, il a été l'un des premiers à survoler le lieu de l'accident qui a fait 150 morts ce mardi matin.

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«Il n'y avait aucune fumée et pas de bruit»

Sébastien Giroux, un habitant de Blégière, est un des rares témoins à avoir vu la chute de l'avion. «Je suis sorti pour téléphoner à des clients et en levant les yeux, j'ai vu un avion volant à très basse altitude. Ça a duré deux ou trois secondes. Il n'y avait aucune fumée et pas de bruit, raconte-t-il. On a l'habitude de voir des avions ici, mais aussi bas, j'ai compris qu'il allait s'écraser.»

Dans le village de La Favière, l'émotion est palpable. Ce mardi matin, les habitants ont entendu «un bruit sourd». Sans télévision ni Internet, Gérard a appris «vers 11h30 pour l'accident». Un habitant de la commune voisine de Prads-Haute-Bléone est venu le prévenir après un appel des secours à la mairie. Ils voulaient savoir si les habitants avaient vu ou entendu quelque chose. «Il n'y a eu aucune fumée, donc les secours ont eu du mal à localiser la zone», assure un gendarme.

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Toute la journée, une dizaine d'hélicoptères a décollé du parking de l'Intermarché de Seyne où pompiers et gendarmes ont installé leur PC. Une fois la zone repérée, les reconnaissances sont rendues difficiles par le relief. L'avion s'est écrasé dans «un vallon» entouré de gigantesques montagnes. «Avec la nuit tombante, on va arrêter les vols pour éviter le sur-accident, explique un pilote de la sécurité civile. Le temps a aussi l'air de se gâter.» «Nous avons cinq gendarmes qui sont sur place cette nuit pour sécuriser la zone du crash», assure le lieutenant-colonel Jean-Marc Menichini. Mercredi dès 5h30, les secours seront à nouveau sur le pont.

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