Des médicaments (illustration).
Des médicaments (illustration). - MIGUEL MEDINA / AFP

Les laboratoires pharmaceutiques ont dépensé plus de 245 millions d'euros en cadeaux et plus encore au travers de quelque 230.000 contrats avec des professionnels de santé, surtout des médecins, entre janvier 2012 et juin 2014, a affirmé mardi l'association Regards Citoyens.

Repas, voyages et matériels médicaux offerts

Depuis que les entreprises pharmaceutiques ont l'obligation de déclarer tous les avantages en nature et en espèces qu'elles versent au-delà de 10 euros, Regards Citoyens en a recensé plus de 2,5 millions en 30 mois.

Ces cadeaux recouvrent essentiellement des repas, ainsi que des frais de transport, d'hébergements et d'invitation à des congrès. On y trouve aussi des dons de matériels médicaux, de soutien à des actions de formation ou encore de vins et de chocolats, a précisé l'association.

Les trois laboratoires «les plus généreux» ont été le suisse Novartis (17,9 millions d'euros), le français Servier (14,4 millions d'euros) et le britannique GSK (11,7 millions d'euros), le numéro un français Sanofi arrivant en septième position (6,9 millions d'euros).

Des conventions rémunérées

Regards Citoyens a par ailleurs dénombré près de 233.000 conventions donnant lieu à la rémunération d'un professionnel de santé par un laboratoire, principalement pour leur participation à un congrès, à une étude de marché, à une action de formation ou de recherche.

L'américain MSD arrive largement en tête dans cette catégorie, avec plus de 42.000 conventions, devant l'allemand Boehringer-Ingelheim (28.000) et le britannique AstraZeneca (19.800).

Certaines entreprises ont publié par erreur le montant de ces contrats, dont l'allemand Bayer, qui versait entre 10.000 et 40.000 euros par convention, le record étant détenu par le français Eurofins Optimed, qui a versé 70.200 euros à un psychiatre, qui figure de ce fait dans le top 5 des bénéficiaires.

Peu de transparence

Plus de 82% de ces avantages et conventions ont bénéficié à des médecins, les pharmaciens et leurs préparateurs arrivant loin derrière (6,7%), suivis des infirmiers (4,5%) et des dentistes (1,6%). Les futurs prescripteurs ne sont pas oubliés: 2,2% des cadeaux et contrats ont concerné les internes et autres étudiants.

L'association a précisé que les informations recueillies n'étaient pas exhaustives, en raison principalement de la «piètre qualité» et des données «incomplètes» du site officiel transparence.gouv.fr, et indique en avoir récupéré davantage via les sites des ordres médicaux, en premier lieu celui de l'Ordre des médecins.

Regards Citoyens demande au ministère et aux que les données collectées soient rendues publiques «en open data afin que toute la transparence soit faite sur les cadeaux et les contrats de l'industrie pharmaceutique».

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