Un amphithéâtre dans une université en France
Un amphithéâtre dans une université en France - Joel Saget AFP

Comment les jeunes jugent-ils le système éducatif? OpinionWay a posé la question à 800 personnes de 16 à 29 ans*. Les résultats, que 20 Minutes publie, sont pour le moins mitigés.

Quand on leur demande de décrire spontanément le système éducatif français, les jeunes interrogés répondent pêle-mêle: inadapté (12%), compliqué (9%), en retard (6%), inefficace (5%), inégalitaire (5%), vieillissant (5%), nul (5%)...

Pour autant, de manière générale, 50% d'entre eux en ont une image positive, surtout les plus diplômés. Cette égalité parfaite entre ceux qui en ont une bonne image et les autres s'explique par l'hétérogénéité de cette classe d'âge. Comme le rappelle Marie Duru-Bellat, professeur des universités à Sciences-Po et à l’Institut de recherche sur l'économie de l'éducation, «à cet âge, la moitié a un diplôme de l’enseignement supérieur, et 20% n’a rien. Il est donc difficile d’interpréter en bloc».

19% pensent que l'école est proche de l'entreprise

Le système éducatif obtient les faveurs des sondés sur deux points: il permet à tous d'accéder à un niveau de qualification minimum (62%), et l'enseignement est de bonne qualité (61%). En revanche, les scores s'effondrent quand on leur demande si l'école est proche de l'entreprise et du monde du travail: seuls 19% pensent que c'est le cas. L'école est-elle adaptée au monde d'aujourd'hui? 67% pensent que non. Prépare-t-elle à la vie d'adulte? 68% répondent aussi par la négative.

«Ils jugent le système bon sur les missions de base, mais tout le reste est jugé pas assez performant, surtout concernant la vie réelle», décrypte Laurent Bernelas, directeur de l'activité à OpinionWay. Ils sont 95% à réclamer une réforme du système. «C'est un appel à ce que l'école soit moins théorique, plus pratique, et qu'elle prépare mieux au monde du travail», poursuit-il.

Signe de cette attente, l'enseignement en lycée professionnel est jugé satisfaisant par 62% des jeunes interrogés, contre 50% pour l'enseignement en lycée général. «Une réelle proximité s'est créée par rapport à il y a vingt ans entre le monde de l'entreprise et l'éducation, mais elle est à consolider et à renouveler», plaide Jean-Jacques Dijoux, directeur général de l’Agefa PME (organe de la CGPME visant à promouvoir l’apprentissage).

«Ni résignés ni désintéressés»

L'aspiration à une école moins théorique et plus ancrée dans la réalité se retrouve aussi dans le contenu des cours. 31% veulent favoriser le travail en groupe autour de projets collectifs et 32% veulent mettre en avant l'apprentissage individuel, en donnant à l'élève des travaux personnels et plus individualisés.

Enfin, 58% des jeunes sont pessimistes sur l'avenir du système éducatif. «Cela montre la nécessité de redonner confiance aux jeunes dans ce système», estime Jean-Jacques Dijoux. Il relève toutefois une différence entre les résultats de l'étude et ce qu'il constate sur le terrain. «Nous on entend plutôt que ça pourrait être mieux, mais que ce n’est pas si mal que ça», dit-il. Il attribue cette différence au pessimisme récurrent lorsque les personnes sont interrogées sur des cas collectifs, alors qu'elles sont plutôt optimistes quand il s'agit de leur propre cas.

«Même s'ils doutent de la capacité à réformer le système éducatif, les jeunes savent ce qu'ils en attendent, note pour sa part Laurent Bernelas. C'est positif, ça montre qu'ils ne sont ni résignés ni désintéressés».

*Enquête réalisée pour le compte d'Agefa PME du 2 au 13 mars 2015 suivant la méthode des quotas.

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