Illustration monnaie.
Illustration monnaie. - SIPA

Derrière l'offre d'emploi se cache une mauvaise surprise. Si les mails frauduleux de phishing ne trompent plus grand monde, les escrocs regorgent d’idées. Autour de 500 étudiantes françaises ont été victimes d’un escroc qui transforme un petit job en grosse arnaque, révèle RTL ce lundi. L’Association Française des Usagers des Banques (AFUB) alerte contre un nouveau type d’arnaque.

«J’ai perdu toutes mes économies»

La méthode? Gwennaëlle, 18 ans, en a fait les frais. «J’ai trouvé sur le site jobetudiant.fr une offre d’emploi. Un homme, qui se présentait sous le nom d’Alexander Hardy, me proposait 200 euros pour quatre heures de ménage. Il vivait à Londres, mais allait s’installer à Besançon, là où j’étudie. J’accepte la proposition. Dans un mail, il m’explique ensuite qu’il va m’envoyer un premier chèque de 1.200 euros à encaisser. Je devais garder les 200 euros, règlement en avance de ma première paie, et retirer en liquide les 1.000 euros pour lui envoyer un mandat-cash. Tout se passe comme prévu, l’argent est crédité sur mon compte, je me dis "nickel". Je lui renvoie un mail pour savoir quand je peux venir faire le ménage… et plus aucune nouvelle.»

Quelques jours plus tard, Gwennaëlle se rend compte que les 1.000 euros ont disparu de son compte. En fait, c'était un chèque en bois. «J’ai perdu toutes mes économies, regrette l’étudiante. Il me semble aberrant que la banque crédite l’argent et qu’elle ait deux mois pour vérifier qu’un chèque n’est pas en bois. Les arnaqueurs ont trouvé une faille et savent comment s’en servir. Et les banques, dans un sens, s’en rendent complice.»

«Un employeur ne demande jamais un remboursement!»

D’où l’appel à la vigilance lancé par l’AFUB. «C’est une technique récente, depuis décembre 2014 on évalue à 500 jeunes femmes, aucun homme pour le moment, victimes de cette arnaque, confirme Serge Maître, président de l’association. Le fraudeur prend deux à trois semaines pour mettre en confiance ces étudiantes.» A chaque fois, il assure avoir un appartement en France et propose quelques heures de ménage. «Ce n’est pas un boulot d’encaisseuse, mais sous couvert de rendre un petit service à leur futur employeur, les victimes se font avoir, reprend Serge Maître.

«Ce n’est qu’une expression d’une arnaque qu’on connaît bien. Il y a deux ans déjà, nous avions alerté sur les fraudes à l’emploi. Mais les sites qui proposent ces offres de job ne font rien pour prévenir ces jeunes gens qu’un employeur vous paie pour votre travail, et ne demande jamais de vous envoyer un remboursement!»

Que faire en cas d’arnaque?

Serge Maître conseille aux victimes de porter plainte. «Ensuite, on peut mettre en cause la responsabilité de la banque à deux conditions. D’abord, si sur le relevé de banque ou récépissé de dépôt, il n’y a pas l’inscription «sous réserve d’encaissement». Ou quand le délai de deux jours entre dépôt du chèque et encaissement n’est pas respecté. Dans tous les cas, les victimes devraient faire une lettre recommandée au directeur d’agence pour voir comment s’arranger.»  

Et plus largement, si une personne a un doute sur un chèque? «On peut demander à sa banque un avis de sort, soit une attestation que le crédit ne sera pas annulé, précise Serge Maître. Si on avait eu un avis de sort pour ce cas, la banque de la victime aurait demandé à la banque du fraudeur des garanties avant de créditer le compte receveur. Mais attention, il faut demander un avis de sort pour chaque chèque, normalement d’un montant important et la plupart des banques le font payer…»

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